Fermeture et Paix (Le Sengoku Jidai, épisode 05)

La crise de l’autorité centrale du Shogun et les moyens militaires des Daimyos ont créé une situation guerrière insoutenable durant plus d’un siècle. Les clans de Samurai, récemment élevés ou voulant se rapporter à de prestigieux ancêtres, ont essaimé leurs provinces pour tenter d’étendre leur influence au détriment de leurs voisins. Pour cela, il fallait plus d’hommes, et on trouvait ces derniers dans les bandes de guerres d’Ashigaru, qui ont ensuite formé la base des armées des grands seigneurs, devenant des troupes disciplinées et professionnelles, capables d’utiliser les armes à feu introduites au milieu du XVIe siècle et d’accompagner les guerriers d’élite au combat.

 


Le 15e et dernier Shogun de la famille des Tokugawa.

 

L’idée de restaurer le Shogunat n’a pu venir que de Daimyos ayant suffisamment de puissance et de succès militaires pour s’approprier la capitale Kyoto : Oda Nobunaga, son général Toyotomi Hideyoshi et son allié Tokugawa Ieyasu. Les réformes introduites par Hideyoshi tendent quant à elles à séparer définitivement la sphère guerrière des autres classes de la société pour stabiliser la situation politico-militaire une bonne fois pour toute. Une fois le Shogunat stabilisé à nouveau après moult péripéties par Ieyasu, le Japon perd son caractère féodal et retrouve une sorte d’unification. Les ports sont presque tous fermés pour le commerce, et les idées venant du continent asiatique s’arrêtent désormais aux portes du Japon désormais closes. Finis les échanges culturels et les expéditions. L’ordre des Tokugawa vise à fermer définitivement le Japon pour maintenir une hégémonie shogunale jamais mise à mal.

 


L’Amiral Perry et ses « Navires Noirs »

 

Ce n’est qu’au milieu du XIXe siècle que la marine américaine va venir présenter aux Japonais la technologie militaire d’un monde bien différent de celui du XVIIe siècle. L’ouverture forcée du Japon verra la faillite du Shogunat, l’essor du rôle de l’Empereur, reprenant enfin ses attributions, et la liquidation de la classe des guerriers qui paralyse socialement le pays. La fin des Samurai est consommée à la fin du XIXe siècle.

 

Bibliographie indicative :

  • Akamatsu, P., « Une histoire du Japon, des origines à 1867 » [Sir George Bailey Sansom, A history of Japan : I. To 1334. ; II. 1334-1615. ; III. 1615-1867.], In Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, n°1, 1967, pp. 178-184
  • Otani, Ch., « Le mouvement insurrectionnel du Ikkô-Ikki, adeptes de la secte bouddhique Shin-shû au XVe et au XVIe siècle », In École pratique des hautes études. 4e section, Sciences historiques et philologiques, 1968, pp. 609-612.
  • Turnbull, S., Gerrard, H., Ashigaru 1467-1649. Warrior n°29, Osprey Publishing, Oxford, 2001, 64 p.
  • Turnbull, S., Samurai Commanders (2). 1577-1638. Elite 128., Osprey Publishing, Oxford, 2005, 64 p.
  • Turnbull, S., War in Japan 1467-1615. Essential Histories n°46, Osprey Publishing, Oxford, 2002, 95 p.

 

Le Sengoku Jidai :

 

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