Gloire au Dormeur ? (Gothic : Self-Made Man, épisode 03)

Je devenais donc un fier Templier, encore incapable de manier une épée à deux mains proprement et terriblement faible face aux vraies menaces de ce monde, comme j’allais bientôt le découvrir. Juste avant de rejoindre cet ordre guerrier, je rencontrai Y’Berion, le gourou le plus expérimenté de la Secte. C’était grâce à Lester qu’une audience m’avait été accordée. Pour vous présenter brièvement ce garçon, je dirais que c’est un chic type, très affable malgré ses penchants pour la fumette. Il m’avait tout de suite pris en amitié, et m’avait donné des informations précieuses sur la Secte. Je ne sais pas ce qu’il avait fait pour se retrouver emprisonné, mais je n’en avais cure.

 


Peu sectaire pour un membre d’un secte (IcedWingsArt)

 

Y’Berion quant à lui m’apparut comme un homme frêle, un peu trop rêveur pour considérer la réalité matérielle du monde. Il méditait dans un temple dédié au Dormeur, où parmi les parois rugueuses et les marches en pierre taillée on pouvait croiser des femmes. Les premières que je voyais depuis un bon bout de temps. Esclaves ? Pire encore ? Je ne savais pas. Tout ce que je savais, c’est qu’il me fallait trouver une des cinq pierres de concentration qui ont servi à ériger cette fichue barrière magique. Fort heureusement, sa location était immédiate. Je rencontrai en y allant au détour d’un chemin un Novice un peu pressé. Ce dément clamait que le Dormeur lui parlait et qu’il devra être son seul servant grâce à la pierre. Puis, sans rajouter quoi que ce soit, il sortit son arme et m’attaqua. Je parai aisément les coups donnés avec mollesse et je l’aplatis sur le sol, en lui faisant jurer de ne plus recommencer. Il partit la queue entre les jambes, suivi par le nouveau possesseur de la pierre. Y’Berion m’avait appris alors que la cérémonie d’invocation du Dormeur n’allait plus tarder. J’allais enfin voir si ce Dormeur existait réellement en-dehors de la fumette et des délires occasionnés par cette activité. Mais une autre épreuve m’attendait.

 


Saletés !

 

Les gobelins noirs. Des engeances humanoïdes faisant le quart de ma taille. Je n’avais aucun intérêt à les voir de plus près, mais mes exigences ne coïncidaient pas forcément avec leur survie. Ces petites bestioles agressives avait dérobé l’almanach d’un des novices au service de Cor Kalom, ce déplaisant larron. Sauf que cet almanach était vital pour l’invocation du Dormeur. Mais j’avais sous-estimé ces petits monstres. Avec leur petite taille, leur vélocité et leurs massues, ils pouvaient aisément passer outre ma défense en attaquant de tout côté. Et je ne disposais que d’une armure légère de Templier pour accomplir cette mission. Qu’à cela ne tienne, un des gourous m’apprit comment maîtriser les deux premiers cercles de la magie du Dormeur. J’appris qu’il y en avait quatre au total. Grâce à mes nouvelles capacités, j’investis alors dans une des runes magiques dont je vous parlais précédemment. Son prix était considérable, comparé à ma bourse d’alors. Qu’à cela ne tienne, encore une fois. En activant la rune, j’envoyais valdinguer mes ennemis en arrière, les frappant grâce au pouvoir du vent contenu dans mon nouvel objet magique. Je vins alors à bout très facilement des groupes de gobelins. La grotte où ils étaient retranchés tomba, leurs corps jonchèrent le sol et je récupérai le précieux almanach, avant de rejoindre le novice qui criait encore de terreur face à cette boucherie.

 


Cor Kalom, l’alchimiste de la secte.

 

Cor Kalom m’accueillit avec son dédain naturel, et m’indiqua négligemment que le rituel serait prêt pour minuit. Là-dessus, il s’éclipsa. Je dus le retenir par la robe pour lui demander une récompense. Tout a un prix ici. Il haussa les épaules et lança quelques pépites de minerai par terre. Le rapace ! Fatigué, je m’assoupis. Ce n’est que dans la nuit que je me réveillai brusquement : il devait être temps pour le rituel. J’arrivai face à l’esplanade du temple dédié au Dormeur. Heureusement pour moi, rien n’avait commencé. Tous les initiés, les Novices et les Templiers étaient présents. L’atmosphère était tendue, la tension, palpable. C’était le moment de vérité. Et de foi. J’allais voir de mes propres yeux ce que le Dormeur avait à nous dire. Le brouhaha de la foule s’interrompit soudain tandis que sur l’esplanade apparurent les trois plus grandes personnalités de la Secte : Y’Berion, Cor Kalom à sa droite, et le maître des Templiers à sa gauche.

 


Le speech du big boss.

 

Il nous exhorta à croire, il nous exhorta à prier, et bientôt le rituel commença. Les énergies spirituelles de tous se mélangèrent dans la pierre de concentration qui agit comme catalyseur. Tout le monde criait pour réveiller le Dormeur. Et finalement, une voix sombre tonna dans la nuit, et chacune des personnes présentes fut assaillie par la même vision : une montagne, une crypte, une tombe et un orc. Puis plus rien. Lorsque je repris mes esprits, comme beaucoup d’autres autour de moi, Y’Berion était à terre, Cor Angar, le Templier, à ses côtés, pendant que Cor Kalom fulminait et partit en trombe. Tout le monde se demanda alors ce qu’il convenait de faire, et le maître des Templiers prit la parole. Toutes les voix se turent en cœur. Il avait reconnu, comme quelques-uns, que la vision indiquait le cimetière orc, un lieu mortuaire ancien situé en pleine montagne. Il annonça qu’un gourou accompagné des meilleurs Templiers avait déjà été dépêché sur place, sûrement pendant que je peinais à reprendre mes esprits. Il fallait être patient, qu’il disait. Pendant que la foule bavarde commentait les récents événements avec un mélange d’excitation et d’anxiété, je m’approchai du maître, encore sur l’esplanade, pendant que de fidèles Templiers emmenaient un Y’Berion toujours inconscient au chaud. Il me reconnut, et m’avoua qu’il avait besoin de mes services. L’expédition n’était toujours pas rentrée, mais je devais agir comme un éclaireur pour lui indiquer comment la mission se déroulait. Je partis aussi vite que possible.

 

Le Maître-Adjoint des Templiers me fournit une armure de Templier moins rudimentaire que la mienne en échange d’un « don au Dormeur », comme il appelait ce pot de vin bêtement. Celle-ci me couvrit enfin les avant-bras et les jambes, mais je restais vulnérable faute d’une cuirasse complète sur le devant. C’était tout de même mieux qu’avant. J’enfilai l’armure, empoignai ma masse d’armes, vérifiai ma rune magique et je partis au trot sur la montagne. Qui sait ce que j’allais découvrir…

 

Les Aventures du SMM (Gothic) :

Administrateur et rédacteur-en-chef omnipotent, j'écris sur l'actualité vidéoludique, l'actualité culturelle, la géopolitique et l'histoire militaire, parfois en partenariat avec Historia Games, Mundus Bellicus et la Gazette du Wargamer.

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