Du Scavenger pour quatre-heures (Gothic : Self-Made Man, épisode 01)


Sacré Diego !

 


(IcedWingsArt)

 

La rencontre avec Diego me permit de comprendre un peu mieux dans quoi je m’étais fourré, bien contre mon gré. Les prisonniers se sont divisés en trois camps. Le Vieux Camp, d’où provenait ce Diego, était le plus important. C’était de là que partaient les cargaisons de minerai pour le roi, et c’était là qu’arrivaient en retour tout ce qui permettait de vivre. C’était aussi là que la discipline et la violence ne faisaient qu’un. Avant de devenir une Ombre et ensuite un Garde, les nouveaux venus comme moi étaient forcés de travailler à la mine, de payer pour ne pas se faire maltraiter dans le camp. Après avoir refusé de payer, certains mineurs vinrent me voir pour me mettre une bonne raclée. D’autres m’attendaient à l’extérieur. J’ai vite compris qu’il fallait s’adapter au système et monter le plus rapidement possible vers le sommet de la hiérarchie, en gagnant l’estime et le respect des grands pontes. Diego fut un fidèle soutien pour moi. Il m’indiqua qui rencontrer, et c’est un peu grâce à lui que je me retrouvais entre quatre murs.  Mais me fallait trouver une occasion pour entrer dans la forteresse au milieu du camp, où se trouvaient les mages de feu et le destinataire de ma lettre. Une longue route m’attendait.

 


Des débuts difficiles… (joker909)

 


Moi !

 

Pendant que je réalisais mes quelques tâches, j’eus plusieurs fois l’occasion de m’aventurer à l’extérieur du camp. Dans les forêts, les grottes, les ravins, des animaux sauvages n’attendaient que moi pour me passer à la casserole, et je dus courir encore et encore pour fuir leur courroux. Avec une pioche de fortune comme seule arme, je me défendais du mieux que je pouvais, mais la réalité était cruelle. Excepté les scavengers et les molerats, le monde entier de cette bulle d’enfer m’était hostile. Des humains aux bêtes sauvages, en passant par les squelettes dans quelque crypte abandonnée où je ne m’aventurais guère. Il y avait même des orcs ! On se demandait sérieusement si la barrière avait un intérêt. Heureusement, les gardes du Vieux Camp tenaient les voies de passage majeures pour les tenir en respect, ce qui avait l’air de plus ou moins fonctionner. De toute façon, je n’avais pas très envie de les rencontrer.

 


A mort le scavenger !

 

Je ramassais des champignons, quelques pièces d’équipement abandonnées dans la nature et gardées par des créatures étranges. Je rencontrais des myriades d’animaux aussi mortels que moches. Mais je pris rapidement conscience du fait qu’il me fallait absolument me mêler aux autres hommes. Si je suis un animal social, alors il fallait me comporter comme tel. Au Vieux Camp, je rencontrai des émissaires des deux autres camps. Mené par un guide, aussi roublard que fougueux, je fus mené à l’ouest. Mon escorte m’évita bien des soucis, et je pus découvrir ce qu’on appelle le « Nouveau Camp ». Les nouveaux venus comme moi sont contrôlés par le Seigneur du Riz, dont le but est vraisemblablement d’épuiser tout le monde à la tâche. Je me faufilais dans le Nouveau Camp pour l’éviter à chaque fois. Tout le monde n’a pas envie de se faire frapper et fouiller. Tout ce que je peux dire, c’est que l’accueil dans ce nouveau monde n’était pas des meilleurs. Si vous n’étiez ni un cultivateur de riz, ni un mineur, vous étiez un Bandit, ou un Mercenaire. Ces derniers faisaient un peu bande à part, car ils protégeaient les Mages de l’Eau, réfugiés ici. Je compris vite que le but du Nouveau Camp était bien différent de celui du Vieux Camp. Ces gens-là manquaient de tout, assuraient leur subsistance par des rapines, contre les autres camps notamment, et tout le minerai récolté était fourni aux mages de l’eau. La structure magique du minerai devait permettre de briser la barrière. Projet enthousiasmant, s’il en est.

 

Règlant quelques affaires à droite et à gauche, je tentai de retourner au Vieux Camp. Certaines missions m’y enjoignaient. Mais le chemin fut semé à nouveau d’embûches, car j’étais bel et bien perdu. Je découvris à la place la mine du Vieux Camp. En revenant plus tard auprès de Diego, j’achetai immédiatement une carte. Mieux valait ne pas se perdre dans ce monde. Ici, tout coûte du minerai. Même certains entraînements. Car au fil de mes pérégrinations, je rencontrai de nombreuses personnes disposant d’un panel de compétences assez large. En échange de minerai ou non, ils m’apprirent à chasser, pour retirer les éléments les plus précieux de mes proies, ce qui me permettait de commercer. Ils m’apprirent aussi à utiliser une arme à une main. Pensez-donc, j’étais tellement mauvais que je tenais ces armes à deux mains ! L’art de forcer la serrure d’un coffre, la technique pour bander un arc, tout cela s’ajoutait à un entraînement pour améliorer ma constitution physique. Je devenais plus fort, plus apte à survivre dans le monde. Mais mon équipement laissait encore à désirer.

 


Apprendre à arracher les dents des animaux morts : une perspective attrayante.

 

Je découvris alors, avec bonheur presque, qu’il restait un camp où l’accueil était un tant soit peu correct, même si les moeurs étaient quelque peu étranges : le Camp du Marais, aussi appelé la Secte. Ici se retrouvaient des sortes d’illuminés croyant au message du Dormeur, une entité soi-disant divine capable, si elle est réveillée, de briser la barrière magique. Les nouveaux venus était sommés de collecter de l’herbe des marais, destinée ensuite après plusieurs transformations à être fumée. Ce trafic de drogue permettait à la Secte de prospérer. Je croisais quelques drogués, accros à leur herbe, incapable de réfléchir ou de parler correctement, mais je croisai aussi les puissants Templiers, de solides guerriers capables d’utiliser de nombreuses capacités magiques, et qui croient dur comme fer au message du Dormeur. Quant à moi, j’étais très sceptique quant au message de ce « Dormeur », avec qui il était soi-disant possible de communiquer via l’herbe. Et pourtant je décidai de rejoindre ce camp. Après tout, que m’importait le Dormeur si je pouvais devenir un Templier ?

 


Vivre dans des marais et fumer de l’herbe ?

 


Prier et croire au message d’une divinité hypothétique ? (DaedraDagon)

 

Les Aventures du SMM (Gothic) :

 

 

Administrateur et rédacteur-en-chef omnipotent, j'écris sur l'actualité vidéoludique, l'actualité culturelle, la géopolitique et l'histoire militaire, parfois en partenariat avec Historia Games, Mundus Bellicus et la Gazette du Wargamer.

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