Le Wargame des Panzer – Order of Battle : World War II et ses DLC (2015-2018)

(Le test complet a été publié chez nos partenaires d’Historia Games.) Amis des wargames, votre heure est venue. Si vous vous y connaissez, vous devez vous rappeler de la série de jeux vidéos Panzer General (1994-2000), développée et éditée par les regrettés de Strategic Simulations dont nous vous parlions dans le premier épisode de l’histoire du jeu de stratégie. Dans cette série, le théâtre de la Seconde Guerre mondiale est fidèlement adapté, dans ses opérations aéronavales, aéroterrestres, ou encore terrestres, avec un système de jeu presque intuitif, malgré de nombreuses subtilités et la variété des unités disponibles. C’est cette accessibilité couplée à une période historique bien connue et des tactiques d’époque qu’il s’est imposé dans le coeur des fans. Coeur qui a implosé face au remake des opus originaux, Panzer Corps, paru en 2011, développé par les papas de Pike & Shot : Campaigns (2015). Slitherine retape peu après un coup sur la table pour faire développer par The Artistocrats Order of Battle WWII (2015), qui adapte dans un premier temps le Pacifique, avant de s’étendre via une nuée de modules à une plus grande variété de théâtres. Voyons donc cela de plus près.

 

I. Guerre mondiale en kit

 

Aujourd’hui, vous pouvez prendre le jeu sous sa forme gratuite, qui vous donne accès au tutoriel, et à la première mission de chaque campagne, ce qui est un bon moyen de voir si vous êtes intéressés. Chacun des morceaux que vous amalgamerez coûtera entre 10 et 20 euros, et rajoutera des missions, des campagnes et des unités aux 700 déjà disponibles dans le jeu de base, de l’infanterie à l’aviation en passant par la marine et l’artillerie. Les campagnes vous lancent dans une série de missions reliées les unes aux autres, où vos unités prennent du galon, où vous assignez des généraux, et où vous progressez dans un arbre historique vous accordant des bonus au fur et à mesure du temps. Morning Sun, US Marines, US Pacific et Rising Sun (2016) vous emmènent respectivement dans la guerre sino-japonaise commencée en 1937, sur les batailles des îlots entre les Marines Américains et les Japonais défendent chèrement chaque pouce de terrain entre 1942 et 1945, une grande campagne permettant de gérer tout le Pacifique du côté américain de 1941 et 1945, et enfin la même grande campagne du côté Japonais.

 


Vous êtes plutôt quel type de char italien vous ?

 

Ca ne s’arrête pas là : Winter War vous donne le contrôle des Finlandais face à l’Armée Rouge, Blitzkrieg vous fait accompagner les Allemands dans leur conquêtes, de la Pologne à la Russie en passant par la France, Kriegsmarine (2017) vous transporte sur la Mer Baltique et la Mer du Nord pour montrer la supériorité navale allemande, Burma Road vous permet de retenir les forces japonaises en Birmanie, Panzerkrieg vous donne la possibilité de combattre sur le front de l’est lorsque l’offensive allemande s’est enlisée, et finalement, le tout dernier DLC, Sandstorm (2018), vous expédie tout droit dans le sable lybien pour les batailles nord-africaines du début des années 40.

 


Si vous voulez un bilan des unités, c’est dans cet écran. Sinon, l’écran du dessous est plus abordable.

 

II. Carburant, munitions, et popote du soldat

 

La plus grande différence entre la série originale et le soft consiste en l’ajout du ravitaillement. Chaque unité qui avance en territoire ennemi fait avancer le front, front qui est relié, si tout va bien, aux villes productrices de ravitaillement, aux ports, ou aux navires ravitailleurs. Gare à vos unités qui ne sont plus alimentées en carburant, munitions et j’en passe, car elles deviendront presque inefficaces. Chaque unité a d’ailleurs un ensemble de caractéristiques, résumées dans un tableau simple en bas de l’écran, comptant points de mouvements, valeur d’attaque ou de défense contre telle ou telle unité, cohésion pour traiter de la fatigue, ou encore valeurs particulières, comme l’assaut, permettant de nullifier en partie l’avantage défensif ennemi, et qu’on retrouve dans l’artillerie et chez les ingénieurs. Autant vous dire que les unités sont incroyablement variées, et essaient d’inclure tous les matériels d’époque, que ce soient tous les types de Panzer, les chars italiens les plus oubliés, les forces de cavalerie quand il y en a encore, tous les types de chasseurs qu’on peut imaginer, jusqu’à la marine de combat elle-même. A chaque bataille, vous pourrez faire venir des unités supplémentaires à l’aide de points de commandement pour appuyer vos missions principales et secondaires, et ce ne sera pas du luxe, surtout lorsqu’il faudra ouvrir un front traversant le désert libyen pour relier des villes de chaque côté.

 


A gauche je peux préparer mes renforts. Dans la bataille, vous voyez ce que je peux viser avec mes ingénieurs, et où en est le front pour le moment. Un petit coup de démolition et les bunkers tomberont.

 

III. Le rythme dans la guerre

 

Vos soldats se déploient ainsi dans divers terrains, assortis de leurs valeurs de couvert, d’observation et de mouvement, peuvent se retrancher, ont des compétences spéciales pour poser des mines, ou les désamorcer. Les soldats débarquent et rembarquent dans les ports, le ravitaillement est clairement indiqué, et l’interface est très propre, vous annonçant à l’avance une estimation des pertes pour chaque unité utilisée. Il faudra d’ailleurs encercler l’adversaire pour utiliser à plein potentiel vos forces, l’épuiser avec l’artillerie, faire tonner l’aviation une fois les machines anti-aériennes détruites… Mais tout ceci prendra du temps. Les batailles seront longues, et parfois ardues, que ce soit dans les lieux où le ravitaillement manque comme dans Sandstorm, ou bien lorsque l’ennemi prépare de solides contre-attaques comme dans Panzerkrieg.

 


La Libye et ses zones désertiques où le ravitaillement est une arme décisive vous fera payer chaque erreur dans Sandstorm (mai 2018).

 

Conclusion

 

Héritier de l’illustre série citée en introduction, Order of Battle : World War II apparaît suffisamment mûr avec ses campagnes pour proposer un contenu conséquent assorti d’un gameplay simple en apparence, complexe dans les détails. Malgré tout, l’aspect modulaire ne plaira pas à tout le monde.

 

Liste des Wargames :

 

 

Administrateur et rédacteur-en-chef omnipotent, j'écris sur l'actualité vidéoludique, l'actualité culturelle, la géopolitique et l'histoire militaire, parfois en partenariat avec Historia Games, Mundus Bellicus et la Gazette du Wargamer.

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