Massacre médiéval entre amis – Mordhau (2019)

Vous le savez, sur le Monde du Captain Sparke, on apprécie les simulations de combat un brin réalistes : pour en témoigner, je vous invite à relire le dossier sur les simulations de randonnée, aussi appelées simulations de combat contemporain, et le dossier sur la direction des coups que doit porter une bonne bardiche, dans les simulations de combat médiéval. Dans ce dernier dossier, nous revenions sur les jeux traitant de l’époque où les casques en fer, les hallebardes, les épées et les targes étaient de rigueur, afin de nous frotter à nos congénères avec violence et technique. Nous avions ainsi parlé de Chivalry : Medieval Warfare (2012) des Canadiens de Torn Banner Studios, mêlant gore, combats de masse, coups de différents côtés et parades millimétrées, de Mount & Blade : Warband (2010) des Turcs de TaleWorlds Entertainment et de ses coups en quatre côtés, et de la sortie à l’époque future de Kingdom Come : Deliverance (2018) des Tchèques de Warhorse Studios avec six directions différentes. On continue ainsi notre tour du monde vidéoludique pour la Slovénie, avec le jeu de Triternion qui nous intéresse, Mordhau. Avec autant de succès ces dernières semaines, voyons voir de quoi il retourne.

I. Chivalry dans le futur ?

 

L’ambiance légèrement ironique, les cris des combattants et le système de jeu ressemblent fortement à son aîné multijoueur canadien, en peaufinant la recette. Si on oublie le mode battle royale, qui est là surtout pour faire joli, le jeu nous propose du classique, avec des matchs à mort seuls ou en équipe, des escarmouches, un mode horde pour lutter contre des vagues de bots, appréciable mais sans plus, et enfin le mode final, Frontline. Dans celui-ci, vous avez une série d’objectifs à accomplir en équipe pour progresser sur un champ de bataille, en capturant des drapeaux, en sauvant des paysans, ou en assassinant des gardes. Mais tous ces modes nous donnent surtout l’occasion de tâter de la masse d’armes.

 


Les classes déjà créées vous permettent d’expérimenter des styles de combat, avec armes, armures et compétences particulières. Vous pouvez aussi créer vos propres classes : vous aurez accès à un certain nombre de points, vous permettant d’équiper armes, armures, objets et compétences particulières, sachant que les armes et armures sont en partie à débloquer avec l’argent récolté dans vos parties.

 

En effet, vous avez un ensemble de classes de mercenaires possibles, déjà prédéfinies, avec leurs armes, armures, compétences particulières : le chevalier par exemple a une armure lourde, et une épée à deux mains très efficace, tout en étant capable de survivre quelques secondes de plus à un coup fatal, tandis qu’on retrouvera aussi un lancier, un archer, etc. La petite innovation est que vous pouvez créer votre propre mercenaire, qui aura accès à un nombre impressionnant d’armes, d’accessoires, d’armures cosmétiques, de compétences, et j’en passe, ce qui vous permettra de créer vos propres classes, à l’aide d’argent récolté dans les parties. Les compétences sus-citées vous permettront notamment de faire plus de dégâts avec vos poings, de résister davantage aux bombes incendiaires, ou encore de réaliser des esquives.

 

II. Esquive-moi ça !

 

Mais ce qui fait le sel du jeu, c’est évidemment son système de combat. Prenons une épée pour avoir les bons termes techniques : vous avez des coups de taille et d’estoc, à réaliser avec un clic gauche et un déplacement de la souris pour simuler la direction du coup, ce qui sera important pour la suite. Vous pouvez ainsi frapper de gauche à droite, de haut en bas, en diagonale et inversement. De même, avec la molette de la souris, vous pourrez réaliser un coup d’estoc. Chaque coup, en fonction de l’arme, prend un certain temps à s’activer, temps qui peut être mis à profit pour contourner les gardes averses ou surprendre l’adversaire.

 


Les deux jauges en bas représentant l’endurance et la vie. A chaque parade, coup, feinte, vous perdez une partie de votre endurance. Si vous êtes épuisés, vous pouvez à chaque coup perdre votre arme ou votre bouclier, ce qui équivaut à une mort certaine sur le champ de bataille. Les deux jauges se remplissent lorsque vous n’êtes pas dans la mêlée en train de courir entre deux coups de lance.

 

Mais ce n’est pas tout. Avec le clic droit, vous pouvez parer n’importe quel coup, tant que vous le faites juste avant que le coup porte. Si c’est trop tôt ou trop tard, le coup passera. Le timing est donc aussi important que la direction. Pour vous permettre en plus de passer la garde adverse, il y a un tout un ensemble de mouvements un peu plus techniques. La feinte, avec la touche A, vous permet d’engager un coup, de l’annuler, puis de frapper à nouveau, ce qui poussera potentiellement votre adversaire à engager sa garde trop tôt. De même, vous pouvez préparer un coup de taille pour le transformer en coup d’estoc, et inversement, pour jouer sur l’allonge et le temps : c’est le morph. Pour terminer, vous aurez la possibilité d’utiliser le chamber : juste avant que l’adversaire vous touche avec l’un des coups sus-cités, si vous réalisez ce même coup en le singeant, vous détournerez la lame adverse avant de contre-attaquer. N’oublions pas aussi le coup de pied (touche F), qui permet de décontenancer un adversaire en le repoussant, notamment quand celui-ci pare un peu trop souvent avec son bouclier.

 

III. Dieu reconnaîtra les siens

 

Vous le comprenez, lors d’un combat contre un adversaire, il faut l’observer, percer sa garde, guetter les opportunités, se maintenir à distance, le titiller avec des coups de pied bien placés, et enchainer les coups et les feintes pour gagner. Sur les serveurs qui pratiquent le duel, c’est comme ça que cela se passe. Mais lors des parties à 32 contre 32, le chaos est présent. Vous combattez parfois à cinq contre un, et vice-versa, tout en courant, en capturant des objectifs, et en voyant la masse des guerriers arriver pour vous stopper. C’est un peu moins technique et un peu plus brutal, ce qui n’est pas foncièrement un défaut, d’autant que les techniques développées en duel vous seront bien utiles.

 


Un coup d’estoc adverse : vous pouvez reculer, parer, utiliser le chamber en contre-attaquant avec une attaque d’estoc au dernier moment.

 

C’est d’ailleurs le moment de découvrir de nouvelles subtilités en combat : armes à distance qu’il faut arriver à contrôler en prenant en compte la distance et la gravité, d’autant que celles-ci ne font pas énormément de dégâts sur des cibles en armure, des barricades à poser avec le bon outil, des catapultes et des balistes pour étendre la gamme des possibilités, la possibilité de monter des chevaux pour réaliser des attaques à la lance, et des tas d’accessoires, des bombes fumigènes aux kits de soin. Par ailleurs, chaque arme ou presque a son mode de combat alternatif, activé avec la touche R : l’épée à deux mains se retournera pour devenir une arme contondante, les armes plus courtes se jetteront, utile pour finir un adversaire, ou encore les coups de la lance seront moins longs.

 


Sur le champ de bataille, tout est sens dessus dessous. Différents objectifs vous permettent d’avancer peu à peu, alternant attaques ou défense d’objectifs.

 

Conclusion

 

Mordhau est assurément le digne successeur spirituel du jeu de Torn Banner Studios, Chivalry : Medieval Warfare (2012), d’autant que le second jeu de combat médiéval du studio, Mirage : Arcane Warfare (2017), n’a jamais eu le succès de son aîné. Mordhau mélange habilement l’atmosphère de combat médiéval cynique, le gore assumé à base de démembrements et de râles, les combats sur de grandes cartes à 32 contre 32, tout en délivrant un système de combat assez technique, mais accessible, qui révélera toutes ses possibilités aux joueurs les plus aguerris fréquentant assidûment les serveurs de duel. C’est toujours un plaisir, parfois honteux, d’arriver à percer la garde d’un adversaire coriace et de le voir dégringoler dans des gerbes de sang, signe qu’on a bien affaire à un jeu à la Chivalry. Le lancement du jeu ayant réussi au-delà des expectations des développeurs, il s’agit maintenant d’observer son évolution. Mais le pari, lui, est réussi.

 

Liste des jeux d’action :

 

Liste des jeux vidéos du site.

Administrateur et rédacteur-en-chef omnipotent, j'écris sur l'actualité vidéoludique, l'actualité culturelle, la géopolitique et l'histoire militaire, parfois en partenariat avec Historia Games, Mundus Bellicus et la Gazette du Wargamer.

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