Mare Nostrvm, la guerre navale antique

Vous retrouverez mon test complet de Mare Nostrvm sur le site d’Historia Games. Laissez-moi donc vous le résumer. Les Espagnols de Turnopia, édités par Slitherine, sont responsables du simulateur de course de chars dans l’antiquité romaine Qvadriga (2014), où il vous fallait gérer une équipe, son financement, ses chevaux, son matériel, l’expérience des coureurs, avant de les faire concourir dans de dangereuses compétitions sportives. Vous y paramétriez vos virages, vos lignes, vos coups de fouet sur vos chevaux ou vos concurrents, en faisant attention à ne pas subir un accident de course pour éviter de perdre bêtement votre coureur. Deux ans plus tard, Chexs leur permet de revoir le jeu d’échec, et c’est cette année qu’on retrouve Mare Nostrvm.

 

I. Des batailles navales dans l’Antiquité ?

 

Je rappelle dans cette partie que la guerre dans l’Antiquité, ce sont aussi des rencontres navales entre des navires à plusieurs rangs de rameurs qui s’éperonnent, se bombardent de traits, s’agrippent l’un à l’autre pour faire combattre les soldats embarqués, et qui dans la période hellénistique se bombardent à coup d’artillerie embarquée. Remarquons la fréquence des batailles navales décisives : Salamine (-480) ou la victoire des trirèmes grecques sur les navires perses lors de la Seconde Guerre Médique, la bataille des Iles Arginuses (-406) qui fait vaciller la puissance militaire spartiate lors de la Guerre du Péloponnèse (431-404), les guerres puniques où les troupes embarquées romaines font des ravages face aux navires carthaginois (264-241 et 218-201 notamment), la campagne navale brillante de Cn. Pompeius Magnus en -67 contre les pirates, fléau des mers, et la bataille d’Actium (-31) qui fait triompher le futur princeps Caius Octavius.

 


Un descriptif historique bien sobre.

 

II. La sobriété du marin

 

Le jeu est très sobre, propose neuf campagnes divisés en scénarios individuels, de la colonisation grecque au –VIIIe siècle à la bataille d’Actium (-31) en passant par les guerres entre les diadoques, successeurs d’Alexandre le Grand et la guerre antiochique (192-188) opposant Rome à Antiochos de la famille des Séleucides. Il s’agit d’un jeu se déroulant en tours simultanés, où vous déplacez vos navires, leur donnez une priorité entre éperonnage et abordage, avant de jouer le tour et de voir ce qu’il se passe durant ce laps de temps. Les flottes avancent l’une vers l’autre, se bombardent de traits, s’éperonnent et s’abordent. Simple à prendre main, le jeu devient vite complexe au vu des dizaines d’embarcations que vous dirigez au combat. Elles sont au nombre de 14, des lemboi pirates aux quinquérèmes romaines, des trières grecques aux navires massifs de l’époque hellénistique. Chaque navire a sa vitesse de croisière, sa vitesse maximum au prix de la fatigue de l’équipage, un indice de qualité, des points de coque, des points de dégâts d’éperonnage et l’effectif des troupes embarquées.

 


Des combats violents mais un peu fouillis.

 

Conclusion

 

Le soft s’aventure, comme jadis pour les courses de char, sur un terrain peu arpenté : celui de la bataille navale en pleine Antiquité. Entre scénarios historiques, escarmouches et parties multijoueur, le jeu reste chiche et très sobre. Malgré des combats et une interface propres, on en fait vite le tour. A réserver aux passionnés.

 

Les critiques de jeux tactiques :

Rédacteur pour Mundus Bellicus et la Gazette du Wargamer, j'écris sur l'actualité, l'actualité culturelle, la géopolitique et l'histoire militaire.

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