Simple comme Napoléon ? – March to Glory

(Test intégral publié sur Historia Games). Développé par Shenandoah Studio et édité par Slitherine, les Philadelphiens nous en mettent plein la vue en période napoléonienne avec March to Glory (avril 2018), disposant d’une interface exemplaire, de graphismes corrects, mais de mécaniques peu profondes sur le long terme. Ils sont les initiateurs de la série Crisis in Command sur la Seconde Guerre Mondiale, avec un système d’activation de troupes particuliers, et de Gettysburg : the Tide Turns (2017) sur la Guerre de Sécession. Leur soft napoléonien est bien moins original dans sa conception.

 

I. De bons jeux sur Napoléon ?

 

Faire des jeux sur Napoléon a du sens : appliquant la théorie de la manoeuvre développée au XVIIIe siècle par des théoriciens français, et parmi ceux-ci le comte de Guibert dans son Essai Général de Tactique (1772), il a rajouté à cela un sens tactique et stratégique très personnel, en plus de remodeler le système militaire français. Il a créé les corps d’armée, et envahi toute l’Europe avant la Bérézina et la course vers la ruine dans les steppes enneigées de Russie. Pourtant, peu de jeux se démarquent vraiment du lot ces dernières années.

 


Les coups de fusil au petit matin dans Napoleon : Total War (2010).

 

Du côté des STR plutôt grand public, apportant beaux graphismes et jouabilité correcte, on a pu avoir Cossacks II : Napoleonic Wars (2005) ou encore Napoleon : Total War (2010). Ce n’étaient pourtant pas les meilleurs des deux séries. Dans les TPS, le vénérable Mount & Blade : Napoleonic Wars (2012) et le récent Holdfast : Nations at War (accès anticipé) portent davantage les couleurs de cette époque aux uniformes chamarrés, avec des jeux lents, punitifs, mais où les salves et les tambours font avancer les joueurs, vague après vague, à l’assaut des positions ennemies.

 


Lent, punitif mais bigarré : bienvenue dans Holdfast : Nations at War.

 

Dans les wargames, on trouve un peu plus de contenu : Ageod’s Wars of Napoleon (2015) avec son système hiérarchique et ses tours en simultanés ; Scourge of War : Waterloo (2015), qui reprend la formule tactique d’un Total War avec une dose de difficulté supplémentaire et une gestion des ordres différentes ; March of the Eagles (2013) développé par Paradox Interactive, mais qui ne réussit pas à transporter véritablement un jeu de conquête dans la grande stratégie.

 


La bataille fait rage au sud. Les charges de cavalerie désemparent mes troupes, et l’ennemi a de redoutables pièces d’artillerie disposées sur des collines et qui profitent de la reconnaissance pratiquée avec la cavalerie. Evitez de trop marcher : en vous déplaçant de deux provinces, vos troupes ne répondent plus au feu adverse.

 

II. La simplicité brute

 


Au nord, je déborde l’adversaire qui ne s’attendait pas à ce que je trouve son unité d’artillerie, tandis que mes unités d’infanterie tiennent la ville qui redonne chaque tour des recrues. Il y a plusieurs formations prises par les unités en fontion de ce qu’elles font (lignes, charge) donnant des modificateurs divers.

 

Edité par Slitherine qui a quand même pondu dans le domaine du wargame tactique Pike & Shot (2014) pour la Renaissance et Field of Glory II (2017) pour l’Antiquité, le jeu ne s’aventurera jamais dans ces sommets. Pas d’hexagones, mais des provinces de diverses formes ; un habillage graphique de qualité ; une interface propre et agréable à parcourir ; très peu d’unités, de caractéristiques et de terrains différents, mais qui changent un certain nombre de compétences et de possibilités ; des points d’expérience pour ajouter un brin de complexité en donnant à des unités des capacités très utiles. Jamais un wargame n’aura été aussi simple et agréable à parcourir. Et pourtant, le bât blesse : c’est trop simple, on en fait vite le tour, les cartes sont peu nombreuses, et il y a trop peu de personnalisation des batailles. Contrairement à un Field of Glory, l’intelligence artificielle ne brille pas. Pour 16-17 euros, vous aurez ainsi un petit soft sympathique à parcourir, simple, mais trop peu complet par rapport aux tenants du genre, et surtout en considérant ce que l’époque napoléonienne est à la stratégie et à la tactique. C’est dommage.

 


Mes troupes tiennent la rive nord et ouest, empêchant des charges de cavalerie intempestive, sauf pour les sacrifiés… A l’est, vous voyez des troupes ennemies qui ont perdu trop de moral pour tenir. Elles se replient, puis reviendront dans quelques tours, sauf si elles sont détruites entre temps par une charge de cavalerie qui les dispersera automatiquement.

 

Conclusion

 

Le test complet est donc disponible sur Historia Games. A vous les studios (ça ne veut rien dire, mais ça m’amuse).

 

Jeux de tactique :

Administrateur et rédacteur-en-chef omnipotent, j'écris sur l'actualité vidéoludique, l'actualité culturelle, la géopolitique et l'histoire militaire, parfois en partenariat avec Historia Games, Mundus Bellicus et la Gazette du Wargamer.

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