Les Hauts États-majors (L’Armée de Terre Française, épisode 02)

Au sommet de la hiérarchie, on trouve l’Etat-major des armées (EMA), dirigé par le chef d’état-major des armées (CEMA) et secondé par le major-général des armées (MGA). Ces organes de commandement dépendent directement du Président de la République. Au niveau inférieur, quatre branches se distinguent : l’Armée de Terre, la Marine Nationale, l’Armée de l’Air et la Gendarmerie Nationale. Nous allons ici nous intéresser à ce qui se trouve au sommet de l’Armée de Terre, rendant la projection des forces sous leur commandement possible, en vue de répondre à une demande de l’Etat ou d’alliés.

 

a) L’état-major de l’armée de terre (EMAT)

 

A la tête de l’armée de terre, on trouve le « chef d’état-major de l’armée de terre » (CEMAT), secondé par « l’état-major de l’armée de terre » (EMAT) dirigé par le « major-général de l’armée de terre » (MGAT). C’est ce haut de la chaîne qui est en relation directe avec les états-majors des autres armées. Le MGAT fait appliquer les décisions du CEMAT, et coordonne au niveau national la coordination des troupes, les tableaux d’avancement, etc. Il est aussi en contact direct avec le « service d’informations – relations publiques de l’armée de terre » (SIRPA Terre).

 

b) Le commandement des forces terrestres (CFT)

 

Relevant directement du CEMAT, on trouve le « commandement des forces terrestres » (CFT), stationné à Lille depuis 1998, et dont l’ancien nom était « commandement de la force d’action terrestre » (CFAT). C’est lui qui met en place les forces terrestres françaises en vue des « opérations extérieures » (OPEX) : il coordonne l’entraînement, forme les états-majors de rang inférieur et peut soutenir les OPEX par adjonction d’experts.

 

Eurocopter EC665 « Tigres » du 5e RHC

 

Le CFT a sous sa juridiction les « états-majors de force » (EMF) n°1 et n°3 (Besançon et Marseille), les n°2 et n°4 ayant été supprimés en 2011, le corps de réaction rapide-France (CRR-FR) et le « commandement des centres de préparation des forces » (CCPF) de Mailly-le-Camp, dont le but est d’offrir aux forces françaises destinées à être projetées en OPEX un entraînement pour toutes les situations possibles et imaginables, via ces fameux centres de préparation de force répartis sur le territoire français. C’est le passage obligé pour les forces destinées à être projetées. Notez qu’en 2016, les EMF ont été supprimés. Nous y reviendrons.

 

 

Enfin, le CFT dirige directement trois « régiments d’hélicoptères de combat » (RHC), le 132e « bataillon cynophile de l’armée de terre » (BCAT) et le 2e « régiment de dragons » (RD). Le grec κυνός (kynos) signifie chien : le 132e BCAT joue un rôle de soutien, et les maître-chiens qui composent la force sont utilisés pour rechercher des explosifs à l’aide de leurs compères à quatre pattes. Quant au 2e RD, il s’est spécialisé dans la défense face aux armes « nucléaires, bactériologiques et chimiques » (NBC).

 

 

c) Le corps de réaction rapide-France (CRR-FR)

 

Le corps de réaction rapide-France (CRR-FR) est un état-major subordonné au CFT et stationnant à Lille, destiné à projeter très rapidement sur un théâtre d’opération extérieure une force aux normes de l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord), de 5 000 à 60 000 hommes. Sa flexibilité en fait une High Readiness Force, label de l’OTAN accordé en tout et pour tout à 9 états-majors (Espagne, Allemagne, Italie, Turquie…) indiquant que ces états-majors sont capables d’agir extrêmement rapidement en cas d’urgence pour répondre aux crises internationales.

 

 

d) Les états-majors de force (EMF)

 

Si le CRR-FR est de niveau 1, les deux « états-majors de force » (EMF) sont de niveau 2, et sont stationnés à Besançon et à Marseille, et subordonnés au CFT. Ils peuvent commander une force divisionnaire de norme OTAN, avec un plafonnement de 20 000 à 30 000 hommes, contre les 60 000 du CRR-FR. Ils ont sinon les mêmes fonctions : projeter une force sur un théâtre d’opération extérieure. Ils ont été supprimés en 2016, preuve une fois de plus que rien n’est fixé.

 

Sources :

 

L’armée de terre française :

 

Autres séries Armées d’Aujourd’hui :

Administrateur et rédacteur-en-chef omnipotent, j'écris sur l'actualité vidéoludique, l'actualité culturelle, la géopolitique et l'histoire militaire, parfois en partenariat avec Historia Games, Mundus Bellicus et la Gazette du Wargamer.

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