Du Troupier au Corps d’Armée (L’Armée de Terre Française, épisode 03)

Nous allons voir ici que comme dans l’armée romaine, les armées d’aujourd’hui pratiquent un encadrement permanent du soldat par une grappe d’officiers assez importante. Il n’est pas possible de faire un pas sans se retrouver face à un officier du rang au-dessus du sien. Cet encadrement permet une certaine souplesse qui peut souvent faire la différence sur le champ de bataille. Aux Kynos Képhalaï, en -198, c’est l’initiative d’un officier romain qui décide de la défaite de l’armée macédonienne, lorsque celui-ci perçoit une faille dans la ligne de bataille ennemie, et qu’il s’y engouffre avec ses manipules. Aujourd’hui, la guerre a tout de même changé considérablement. Il n’y a plus de grandes batailles rangées, et la technologie a beaucoup évolué : c’est pourquoi on trouve un système à base de Groupes de Combat de petite taille et de nouveaux moyens militaires, tels les véhicules blindés et les hélicoptères. Partons du bas de la chaîne, et remontons peu à peu.

 

a) Le Soldat ou la Pièce

 

En premier lieu, on trouve le Soldat. Seul, il n’est rien, et est inclus dans plusieurs ensembles. La couleur de ses galons dépend de sa spécialité, alpin, légionnaire, marsouin (troupes de marine). Selon ses mérites, il peut devenir Soldat de Première Classe. On trouve aussi la pièce d’artillerie et ses servants.

 

 

b) L’Equipe

 

Le premier des ensembles dans lequel est contenu le soldat, c’est l’équipe, composée de 3 à 4 soldats dirigés par un Caporal, un Caporal-chef ou un Caporal-chef de première classe, grades des militaires dits du rang. Dans l’ « arme blindée cavalerie » (ABC), on parle plutôt de Brigadier et de Brigadier-chef.

 

c) Le Groupe de Combat

 

Le Groupe de Combat est l’unité la plus élémentaire qui soit. Il compte une dizaine d’hommes, soit plusieurs équipes, et est menée par un Sergent ou un Sergent-Chef, le premier grade des sous-officiers. Dans l’ABC, c’est un véhicule mené par un Maréchal des logis ou un Maréchal des logis-chef.

 

 

d) La Section ou le Peloton

 

Plusieurs groupes de combat sont regroupés dans une Section d’Infanterie de 30 à 40 hommes mené par un Adjudant, un Adjudant-Chef, un Major (sous-officiers), un Sous-Lieutenant ou un Lieutenant (officiers subalternes), assistés d’un élément de commandement, et qui se partagent les rôles. Dans l’ABC et l’arme du train, on parle de Peloton, et cela regroupe alors 3 ou 4 véhicules.

 

e) La Compagnie, l’Escadron, la Batterie ou l’Escadrille

 

Plusieurs sections d’infanterie sont regroupées dans une Compagnie de 150 à 200 hommes menés par un Capitaine secondé par un élément de commandement. Dans l’ABC, on parle d’Escadron, comptant une douzaine de véhicules. Dans l’arme de l’ « aviation légère de l’armée de terre » (ALAT), on parle d’escadrilles, composées de 8 à 9 hélicoptères de combat. Dans l’arme de l’artillerie, on parle de « batterie ». C’est la plus petite unité administrative de l’armée, et le Capitaine doit gérer entre autre l’instruction de ses troupes.

 

 

f) Le Bataillon

 

L’échelon du bataillon a disparu dans l’armée de terre, excepté pour le Bataillon de marins-pompiers de Marseille, les bataillons d’hélicoptères de combat de l’ALAT et les « bataillons formant corps », qui portent ce nom par tradition, mais qui ont le même rôle qu’un régiment. Ils étaient traditionnellement dirigés par le Commandant, le premier grade d’officier supérieur.

 

g) Le Régiment

 

Plusieurs compagnies sont regroupées dans un Régiment de 700 à 1 200 hommes menés par un Lieutenant-Colonel ou un Colonel, le plus haut grade des officiers supérieurs. L’organisation régimentaire française est l’organisation tactique de base, et diffère grandement du régiment américain, beaucoup plus imposant. Comme dit précédemment, certains régiments portent par tradition le nom de bataillon, ce qui ne les empêche pas d’être commandés par un Colonel.

 

 

h) Le Groupement Tactique Inter-Armes (GTIA)

 

On se doute bien qu’un régiment tout seul ne peut pas être envoyé au combat. Pour avoir une force opérationnelle, il est nécessaire d’organiser un « groupement tactique inter-armes » (GTIA), dont le but est de conjuguer un élément-cadre, souvent un régiment d’infanterie, avec des éléments divers venant de toutes les armes : infanterie, cavalerie, génie.

 

i) La Brigade

 

Depuis la disparition des divisions en 1999, l’armée de terre est organisée en brigades en temps de paix, subdivisées en régiments. On a vu avec les GTIA la souplesse de ce modèle, utile néanmoins en temps de paix pour fixer un cadre administratif aux troupes. On trouve dans l’armée française :
– Huit « brigades interarmes » : deux dites « de décision », quatre « multirôle », deux pour « l’engagement d’urgence ».
– Trois « brigades spécialisées (BAS) : le renseignement, la transmission et la logistique.
– Une « brigade des forces spéciales terre » (BFST).
– Une « brigade franco-allemande » (BFA).

 

Certaines brigades ne sont composées que d’un seul type d’arme, d’autres sont interarmes. En tous les cas, elles sont dirigées par un officier-général, soit un Général de Brigade deux étoiles, commandant de 7 000 à 8 000 hommes.

 

j) La Division

 

Les divisions en temps de paix ont disparu en 1999, lors de la réforme militaire française, mais vont peut-être réapparaître dans la prochaine réforme militaire prévue entre 2015 et 2016. L’OTAN utilise encore ce système, composé de trois ou quatre brigades, soit entre 20 000 et 30 000 hommes, et donc dépendant des EMF de Besançon et de Marseille. Elles sont dirigées par un Général de Division trois étoiles. Notez que ce général peut se retrouver dans les différents états-majors cités précédemment.

 

k) Le Corps d’Armée

 

Les corps d’armées regroupent plusieurs divisions, et sont dirigées par un Général de Corps d’Armée quatre étoiles. L’OTAN utilise ce système, qui dépend en France du CRR-FR capable de mettre sur pied rapidement 2 à 3 divisions, soit de 40 000 à 60 000 hommes. Notons que le Général de Corps d’Armée est un Général de Division « élevé aux rang et appellation », puisque les seuls vrais grades des officiers généraux sont ceux à deux et trois étoiles. Il peut être nommé au poste de MGAT et se retrouver dans l’EMAT.

 

l) L’armée

 

L’armée finalement est constituée de plusieurs corps d’armées, et est dirigée par un Général d’Armée cinq étoiles. Celui-ci peut devenir « chef d’état-major des armées » (CEMA), « major-général des armées » (MGA), CEMAT, …

 

Sources :

 

L’armée de terre française :

 

Autres séries Armées d’Aujourd’hui :

Administrateur et rédacteur-en-chef omnipotent, j'écris sur l'actualité vidéoludique, l'actualité culturelle, la géopolitique et l'histoire militaire, parfois en partenariat avec Historia Games, Mundus Bellicus et la Gazette du Wargamer.

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