La bataille d’Ulm (Dominions 5 : Cruelle Aurore, épisode 05)

I. Tour 15-20

 

Le monde de la foi est un monde de fourbes dans Dominions 5. Les alliances d’hier peuvent voler en éclat d’un coup de baïonnette. C’est justement ce que j’ai décidé de faire vis-à-vis de mon compère Ulm. Certes, celui-ci explose sans aucun problème Vanheim, capture un trône au nord, s’étend dans toutes les directions, et m’a laissé la peau de chagrin, à savoir la côte. Mais puis-je me contenter de cet espace étroit qui me sert de voie de passage à deux pas des provinces d’Ulm lourdement défendues et armées, capables de m’anéantir d’un coup de cuillère à pot ? La réponse est non. Avec audace et inconscience, je prépare donc le couteau dans le dos via des mouvements savamment organisés pour endormir la méfiance, en lui faisant croire que l’armée que je rapatrie vers lui est une armée qui vient de ma capitale, avec quelques mercenaires dans le tas. Et vient le moment de l’action. Ses armées sont au loin, je connais grâce à mes petites oreilles le nombre de troupes qu’il a dans sa capitale et en renforts, alors allons-y.

 


A l’attaque ! Deux provinces faiblement défendues, et une remplie d’amazones. J’espère que l’armée secondaire, assez limitée en effectif, va aller se balader plus loin.

 

Je lui capture en une fois les deux forêts près de sa capitale pour stopper sa production, et attaque au sud, tout en négociant avec Vanheim. Si tout se passe bien, j’espère pouvoir désorienter un peu Ulm et capturer son trône. C’est en tout cas ainsi que commence la bataille d’Ulm…

 


La capture ! Je prépare mes troupes pour la bataille, déclare la guerre, et me lance dans la bataille qui décidera si oui ou non je peux tenir ce bout de territoire.

 


Voici mon armée. Les barbares qui tapent fort en arrière pour éviter les tirs d’arbalètes, mon dragon ne va pas aller se suicider sur les lignes ennemies et se battra avec les hommes de troupes, et les mercenaires sur le flanc gauche et les guerriers du flanc droit doivent absorber les coups.

 


Qu’avons-nous en face ? Des mages, et un peu de milice et d’arbalétriers.

 


Problème numéro 1 : la magie. Mes troupes de contact souffrent des traits de magma (feu et terre, ça fait mal), et sont engloutis par le sol. Maudit soit l’évocation.

 


La bataille prend une nouvelle tournure pendant que les troupes adverses sont écrasées : outre le fameux sort qui rajoute énormément de protection aux troupes et qui est facile à lancer, le souci va venir des élémentaux. Il les a visiblement bourré de gemmes pour invoquer des élémentaux éthérés et puissants (les tas de pierre que vous voyez).

 


Mes troupes font de leur mieux pour supporter le magma et les élémentaux. Mon dragon fait des merveilles, mais les mercenaires et les premiers groupes de combat sont morts ou en fuite.

 


Mon premier soldat arrive vers les commandants, nous avons franchi les lignes d’élémentaux ! Si on gagne, il ne nous restera pas grand chose pour assiéger le château malheureusement.


On y arrive enfin. Les arbalétriers vont…Mon dragon… Où est mon dragon ?

 


Mon prétendant est décédé, son âme quitte la plaine des vivants. Quelques guerriers berserks affrontent un dernier élémental pour la forme, mais c’est la déroute.

 


Un bilan faible. Les forgerons adverses ont abattu une centaine de troupes. Seuls mes mages et une poignée de troupes échappent à la mort. Le bilan est donc clair : c’est une défaite totale, dû partiellement à la magie adverse, et à l’absence de gros sorts de mon côté malgré des choix de sorts d’attaque.

 

II. La bataille d’Ulm (RP)

 

Les Fils d’Uruk avancèrent au combat, serrant leur bouclier et leur marteau contre eux. A leurs côtés, une poignée d’archers et de barbares recrutés par le Grand Roi. Derrière eux, deux chars massifs patientaient, prêts à écraser l’adversaire, les deux monstres ruminant violemment. Le Grand Roi et les mages s’étiraient avant la bataille. Le Grand Ur-Donateur arriva soudainement, et ce fut le signe du début. L’armée franchit le dernier espace de la province d’Ulm qui n’était pas encore tombé sous leur giron. La guerre devait finir aujourd’hui avec la pacification de l’espace proche d’Uruk, permettant d’envisager un avenir plus serein. Mais c’est surtout le Grand Ur-Donateur qui menait les troupes. Le Grand Roi pensait maîtriser la diplomatie de sa nation, mais l’impétuosité du dragon sacré l’avait surpris et emmené à combattre Ulm lui-même, celui avec qui il avait négocié… Le devoir seul le conduisait à la bataille. Il avait pensé tempérer un dieu, il n’avait pas réussi.

 

Les guerriers d’Ulm étaient là-bas. Les arbalètes lâchèrent leurs premiers carreaux, les piquiers s’avancèrent, et les mages lancèrent leurs premiers sorts. L’armée s’ébroua, et commença par écraser l’infanterie avec des chars et des marteaux s’enfonçant dans la chair. Mais les mages d’Ulm devenaient de plus en plus entreprenants. Après les traits de lave qui avaient pris les troupes mercenaires, et après que la terre engloutisse nombre de guerriers, il restait encore l’essentiel de l’armée. Les mages d’Ulm se concentrèrent, et une vingtaine d’élémentaux de terre sortirent du sol, mus par une terrible magie. Le Grand Ur-Donateur grogna, mais les guerriers abattirent l’un après l’autre les terribles créatures, perdant pour chaque tas de pierres plusieurs braves. Le Grand Roi essuya une larme face à ce fabuleux spectacle de guerre et de sacrifice. Le Dragon sacré s’occupa lui-même de plusieurs élémentaux.

 

Les cadavres de demi-géants jonchaient le champ de bataille, mais l’objectif était proche : les arbalétriers, les mages, la dernière ligne de défense de la province d’Ulm. Hélas, les guerriers étaient fatigués, et le Grand Ur-Donateur lui-même était couvert de plaies impossibles à cicatriser, de plaies de laves. Son enveloppe corporelle ne résista pas davantage. La forme lourde s’écroula sur le sol dans un fracas tel que le sol trembla à plusieurs kilomètres à la ronde. Un grand souffle engloutit tous les combattants pour une petite seconde : l’esprit du Grand Ur-Donateur était parti dans le vide, attendant son heure. Un ancien dieu ne pouvait être tué. Les derniers berserkers atteignirent les arbalétriers et les mages, en écrasèrent plusieurs, mais le cœur n’y était plus. L’armée se replia, le Grand Roi contemplant avec peine ce que cette bataille avait coûté, dans les corps et les cœurs de ses hommes. Ils laissèrent sur place nombre des leurs ce jour-là…

 

Liste des Episodes :

Rédacteur pour Mundus Bellicus et la Gazette du Wargamer, j'écris sur l'actualité, l'actualité culturelle, la géopolitique et l'histoire militaire.

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