La dynamique des plateformes – Jak & Daxter : The Precursor Legacy (2001)

Il est temps de proposer sur ce site internet deux première fois : d’abord revenir à l’ère de la PS2, ensuite faire la critique d’un jeu de plateforme. Je vous laisse un peu de temps pour reprendre votre souffle. Juste après, on foncera voir ce que vaut le tout premier Jak & Daxter : The Precursor Legacy (2001). J’en profite pour caler une remarque orthographique : plate-forme, plates-formes, plateforme et plateformes sont quatre formes (vous l’avez ?) envisageables et envisagées par les dictionnaires, mais pour m’épargner, j’utiliserai le mot plateforme.

 

I. Brève histoire du genre

 

J’ai dit brève. On admet ici la définition du genre comme requérant du joueur de faire attention à son environnement afin d’éviter les obstacles, de sauter au bon endroit et au bon moment, et de se déplacer plus généralement dans un niveau en ligne droite ou de façon libre, en 2D ou en 3D, pour atteindre l’objectif. Depuis les bornes d’arcade en un seul écran des années 80 à la Donkey Kong (1981), un sacré bout de chemin a été réalisé : le défilement des niveaux avec Super Mario Bros (1985), le déblocage de zones au fur et à mesure à la Metroid (1986), le mix entre 2D et 3D à la Crash Bandicoot (1996) et finalement, la même année, l’arrivée de Super Mario 64 sur Nintendo 64, qui ouvre pour la première fois un jeu de plateformes entièrement en trois dimensions, que ce soit dans ses graphismes ou ses déplacement : on peut se balader entre les niveaux, choisir lesquels visiter, et trouver différents moyens d’atteindre les étoiles, objectifs de chacun des niveaux.

 


Deux ans plus tôt, le jeu de plateforme est notamment représenté par Rayman 2 (1999), avec ses décors sombres et/ou enchanteurs.

 

La 3D et le déplacement en trois dimensions deviennent ainsi la norme dans les jeux de plateforme, bien que cela ne marque pas la mort des jeux à défilement comme on peut le voir encore aujourd’hui avec la série Mario et de nouveaux jeux indépendants surfant sur la nostalgie et rajoutant des mécaniques inédites. A la fin des années 90 donc, c’est l’époque des jeux de plateforme de ce genre, mêlant un brin d’action à toutes ces mécaniques, comme avec Spyro the Dragon (1998) d’Insomniac Games, ou Rayman 2 : The Great Escape (1999) des Français d’Ubisoft. Sentant cela, les Américains de Naughty Dog, qui développent des jeux depuis 1984, et sont responsables particulièrement du hit qu’est la série Crash Bandicoot (1996-1998) sur PS1, se mettent à plancher sur un nouveau soft, qui sortira en 2001 sous le titre de Jak & Daxter.

 


Le succès critique de Crash Bandicoot a consacré le jeu de plateforme façon Naughty Dog sur PS1.

 

II. Plateformes et monde ouvert

 

Jak & Daxter s’ouvre avec deux jeunes créatures anthropomorphes aux longues oreilles se retrouvant au mauvais endroit et au mauvais moment, dans des ruines d’une civilisation oubliée, les Precursors. Des créatures étranges s’y baladent librement, et en s’enfuyant, l’un des deux tombe dans une substance maléfique, l’écho noir, pour se transformer en « beloutre », mélange entre une belette et une loutre. Après s’être fait sermonnés comme il se doit par l’ancien de leur village, ils doivent partir au bout de leur île pour trouver un moyen de redonner à Daxter sa forme originale. Et à partir de là, sans aucun temps de chargement et avec un cycle jour-nuit, vous êtes lâchés dans la nature.

 


Le départ du jeu, avec un Daxter fièrement campé sur votre épaule. A gauche, plus loin, la première zone : la plage. A droite, la jungle, et un peu plus loin, le col de montagne à traverser lorsque vous possédez 20 piles d’énergie. Vous rajoutez à cela le cycle jour-nuit, et vous comprenez la récompense, ou Guiness World Record, dont a bénéficié le titre : First seamless 3D world in a console videogame, soit à peu de choses près le premier jeu 3D en monde ouvert sur console.

 

Vous êtes bloqués dans votre progression par deux choses : d’une part, l’eau, car si vous vous aventurez trop loin, un poisson ira vous croquer, et d’autre part, la trame scénaristique, reposant sur l’accumulation de piles d’énergie. Schématiquement, vous avez votre hub de départ, avec des figures alliées, et qui est relié à des zones qui pullulent d’ennemis, de plateformes, de petites énigmes et surtout de précieuses piles d’énergie. Vous voilà donc forcés de les accumuler à intervalles réguliers pour débloquer les zones qui feront avancer la quête principale. L’histoire est assez légère, mais suffisamment étoffée pour donner envie de débloquer la nouvelle zone. Et surtout, l’humour des protagonistes principaux et notamment celui de Daxter, peureux, fanfaron et criard, relèvent l’atmosphère du titre. A chaque mort il se jettera sur vous pour vous lancer une pique. Le héros principal, Jak, est d’ailleurs entièrement muet, permettent au joueur de s’approprier ce jeune gaillard costaud qui danse avec son ami au poil ras à chaque pile d’énergie trouvée.

 


Les animations rigolotes sont toujours de la partie à chaque récupération d’une pile d’énergie, participant à l’ambiance générale du jeu.

 

III. Ne tombe pas !

 

Dans chacune des zones, on trouvera une palanquée de batteries d’énergie qui nécessiteront de se balader au bout des niveaux, de vaincre des boss, de ramasser suffisamment d’orbes précurseurs, de jouer à quelques mini-jeux, de se balader dans des niveaux à dos d’oiseau ou de véhicule anti-grav, de vaincre des ennemis ou de libérer des sages. Le jeu cherche à se renouveler à chaque fois, même si vous retrouverez les ambiances typiques des jeux de plateforme : île paradisiaque, jungle, montagne, marais, grotte souterraine, volcan et zone industrielle pour ne pas tous les citer.

 


Des phases en véhicules vous attendent régulièrement pour faire varier le gameplay.

 

Jak peut : sauter, double-sauter, rouler, rouler et sauter, super-sauter, frapper en avant, frapper autour de lui, et c’est à peu près tout. Les challenges seront néanmoins variés, entre des plateformes mouvantes, des projectiles tirés directement sur vous et des ennemis variés nécessitant quelques coups. Vers la fin, le jeu peut s’avérer davantage frustrant, avec des checkpoints plus rares et des moments un peu plus difficiles que d’autres, même si la mort laisse activée des plateformes et vous laisse en possession des piles d’énergie et des orbes ramassées juste avant, ce qui ne sera pas le cas des opus suivants. Par ailleurs, vous pourrez ramasser à l’occasion de l’écho rouge, vous rendant plus fort, de l’écho jaune, vous permettant de tirer des projectiles, et de l’écho bleu, qui vous rendra plus rapide, plus agile, et capable d’activer de nouvelles plateformes, avec son lot de minutage et d’adresse.

 


Les combats de boss sont aussi de la partie. Ici vous voyez une récupération d’orbe jaune, pour ensuite projeter des boules d’énergie sur le gigantesque adversaire.

 

Conclusion

 

Drôle, coloré, musicalement éclectique avec un certain nombre de musiques d’ambiance, Jak & Daxter a aussi pour lui d’être sorti en 2001, un an après la sortie de la PS2. Il reste pour les joueurs de cette époque une expérience inédite, nostalgie aidant, la même année où sortait un certain Rayman 2, et alors même que Crash Bandicoot, l’ancienne vedette du studio Naughty Dog, était accaparée par un autre studio, Traveller’s Tales, responsables des jeux un peu moins encensés par les joueurs et la presse qu’ont été Toy Story (1995) et Buzz Lightyear of Star Command (2000). Peut-être pour le mieux.

 


Les Jak d’après sont plus sombres, avec un héros plus bavard et avec une petite barbichette.

 

Mais la série est loin d’être finie à l’époque, puisque viendront s’ajouter Jak II (2003), Jak III (2004), deux opus plus sombres avec un héros qui s’affirme davantage, avant de conclure avec le jeu de courses Jak X (2005), rappelant à tous le dernier opus de la quadrilogie de Crash Bandicoot, Crash Team Racing (1999). Et autant vous dire qu’après ça déménage sur la PS3, avec Uncharted (2007-2016) et The Last of Us (2013-2014), qui tranchent en proposant plus d’action, plus d’aventure, et plus de maturité scénaristique. Mais c’est une autre histoire.

 


Exit la plateforme pure, place à l’aventure avec Nathan Drake et Uncharted (2007).

 

Liste des jeux rétros :

Administrateur et rédacteur-en-chef omnipotent, j'écris sur l'actualité vidéoludique, l'actualité culturelle, la géopolitique et l'histoire militaire, parfois en partenariat avec Historia Games, Mundus Bellicus et la Gazette du Wargamer.

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