Les Forces Françaises à l’Etranger (Le Haut-Commandement Français, épisode 02)

Il ne s’agira pas de revenir sur les différentes opérations militaires en cours, mais bien plutôt sur les éléments stationnaires des forces armées, placés sous la responsabilité du Haut-Commandement.

 

I. Les commandants supérieurs (COMSUP)

 

Sous l’autorité directe du CEMA, ces COMSUP dirigent les forces armées françaises dans le monde, et notamment dans les « départements et régions d’outre-mer » (DROM). La France a en effet la deuxième « zone économique exclusive » (ZEE) du monde avec onze millions de kilomètres carrés soit 8% des ZEE mondiales, et dispose en conséquence de forces militaires capables de protéger les intérêts économiques et stratégiques français. Le Centre Spatial Guyannais est par exemple d’un intérêt crucial à l’échelle mondiale, ou tout du moins européenne : sa position tout près de l’équateur en fait un lieu privilégié pour la mise sur orbite de satellites.

 

 

Le but de ces forces sur place est donc de sécuriser les ressortissants et les intérêts français, de lutter contre le trafic, et parfois d’intervenir lors des catastrophes naturelles. L’officier général COMSUP est assisté d’un « adjoint interarmées » (ADJIA), d’un « chef d’état-major interarmées » (CEMIA) et parfois de « bases de défense » (BdD) ou autres cantonnements. Cette dominante interarmées est très marquée, puisque sur place, on trouve autant des représentants de l’armée de l’air que de l’armée de terre et de la marine nationale, d’autant plus dans le cas des îles. On trouve régulièrement des « zones de responsabilité permanentes » (ZRP), permettant d’intervenir plus loin que la normale.

 

 

Le théâtre d’opérations Antille-Guyane est divisée entre les « forces armées aux Antilles » (FAA) et les « forces armées en Guyane » (FAG), la Martinique et la Guadeloupe étant au cœur de la mer des Caraïbes, aux portes des Etats-Unis, et la Guyane étant située en Amérique Latine, aux portes encore une fois Brésil. On trouve d’ailleurs une ZRP en Guyanne.

 

 

Les « forces armées dans la zone sud de l’Océan Indien » (FAZSOI) disposent d’une ZRP. Protégeant la Réunion et la Mayotte, aux portes de Madagascar et du sud-est africain, ces forces doivent aussi s’occuper des Seychelles, des îles Comores, des îles éparses, et des « terres australes et antarctiques françaises » (TAAF). Ces différents archipels font partie de cette ZRP.

 

 

Les « forces armées en Nouvelle-Calédonie » (FANC), aux portes de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, dans le théâtre d’opérations « Pacifique », permettent de protéger la possession française mais aussi de répondre aux engagements avec les deux pays précédemment cités.

 

Visite américaine.

 

Les « forces armées de Polynésie française » (FAPF) sont quant à elles littéralement dans le grand bleu, puisqu’au milieu du Pacifique, entre l’Australie et l’Amérique Latine. Elles disposent d’une ZRP Asie-Pacifique.

 

II. Les commandants des éléments français (COMELEF) et autres

 

Les DROM et les possessions françaises permettent d’avoir dans le monde des forces de protection et d’intervention opérationnelles, ce qui est un des points forts du monde militaire français. Toutefois, les forces françaises peuvent aussi être stationnées dans des pays « amis ». Les « éléments français » (EF) sont dirigés par des COMELEF, les « forces françaises » (FF) par des « commandants de force française » (COMFOR). Ces forces sur place peuvent aider à la formation des armées « amies », à leur entraînement et même à leur conduite opérationnelle. On peut y voir un partenariat stratégique, et les plus critiques peuvent parler, notamment pour le Gabon, d’un néocolonialisme, dû autant à la présence des forces françaises qu’aux intérêts économiques de la France.

 

 

On trouve d’abord les « éléments français au Gabon » (EFG) depuis 1960. Les noms ont changé depuis 2009-2011, où on les désignait comme les « forces françaises au Gabon » (FFG). L’EFG a une ZRP comme les forces armées dans les DROM, puisqu’elle peut avoir sous sa responsabilité les dix pays faisant partie de la « communauté économique des Etats de l’Afrique Centrale » (CEEAC) plus le Rwanda : Angola, Burundi, Cameroun, République centrafricaine, République du Congo, République démocratique du Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad, Sao Tomé-et-Principe. On comprend mieux désormais pourquoi on trouve souvent des forces françaises dans ces pays lors des crises. L’EFG peut être divisée en détachements d’instruction opérationnels ou techniques, jouant le rôle d’experts, et son siège est à Douala.

 

 

Les « forces françaises des Emirats Arabes-Unis » (FFEAU) permettent de former des émiriens depuis la signature d’un partenariat stratégique en 2008, tandis que le COMFOR est aussi un « amiral-commandant de la zone maritime de l’Océan Indien » (ALINDIEN). Le siège de cette force est situé à Abu Dhabi, là où on trouve aussi une annexe de Paris-Sorbonne.

 

 

On trouve aussi les « éléments français au Sénégal » (EFS), stationnés à Dakar, les « forces françaises en Côte d’Ivoire » (FFCI) depuis 2015, et les « forces françaises stationnées à Djibouti » (FFDJ) en Somalie depuis 1977.

 

III. La France dans le monde

 

On comprend mieux l’ampleur diplomatique, stratégique et économique française à travers le monde lorsque l’on regarde les partenariats stratégiques, les DROM, et toutes les possessions françaises. Les FAA en mer des Caraïbes, les FAG en Amérique Latine, les FAPF au milieu de l’Océan Pacifique, les FANC près de l’Australie, les FAZSOI au sud-est de l’Afrique, les EFG en Afrique du centre-ouest, les EFS et les FFCI en Afrique de l’ouest, la FFDJ en Afrique de l’est, les FFEAU au Moyen-Orient près de l’Océan Indien : la France est partout dans le monde, et ses partenariats peuvent être stratégiques et économiques.

 

Sources :

  • Le site du Ministère de la défense et les pages affiliées

 

Le Haut-Commandement Français :

 

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Administrateur et rédacteur-en-chef omnipotent, j'écris sur l'actualité vidéoludique, l'actualité culturelle, la géopolitique et l'histoire militaire, parfois en partenariat avec Historia Games, Mundus Bellicus et la Gazette du Wargamer.

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