CRP Dominions 4 – La Querelle des Fanatiques – Désespoir (13)

Tours 28 à 31

La guerre continuait depuis des mois. Lieutenant était mort, lui aussi victime de la même créature ailée responsable de la mort tragique de Grand Chef, et ce peu de temps après. Ce qui avait occasionné le terrible désastre de la province qui portait bien son nom : la Mine aux Bûchers.


Privées de commandant, d’autant plus qu’elles étaient censées changer de province avec Lieutenant, les Mères d’Ulm, ce bataillon d’élite, furent bloquées avec le corps désespérément froid de Lieutenant dans une tempête de neige. Ces mères qui risquaient leur vie depuis les premières escarmouches de Grand Chef étaient défigurées par la haine. Aucune des cinquante-cinq femmes ne survit au choc frontal des hordes de guerriers volants, rendus téméraires par le sang versé de deux prestigieux commandants d’Ulm. Les guerrières restantes tentèrent de protéger les archères, en vain. Ce massacre à sens unique ne pouvait être oublié. L’autre moitié de l’armée fut perdue dans les territoires de Xibalba. Et pourtant, après des mois de perdition, les Guerriers-Forgerons et le Loup-Garou du Veilleur sortirent indemnes de cette véritable Anabase. Un acte de courage en effet.

Sous Chef, dans ses brûlures de haine, apprit que les batailles pouvaient être terrifiantes, et décida de commander à l’arrière des lignes de front. Il acquit la réputation de couard, mais pour le Veilleur, il avait saisi le principe de la tactique. Que faire sans commandant ? Les armées d’Ulm allaient et venaient, mais les créatures ailées étaient terribles, et du haut de son trône d’airain, le Veilleur contempla les forteresses prises une à une par les sombres créatures. Elles volaient au-dessus des remparts, harcelaient les hommes d’Ulm, les estropiaient, puis massacraient la garnison. Au-delà du fleuve, les hommes d’Ulm furent submergés par Xibalba, et les cruels démons de Yomi profitèrent de la faiblesse temporaire pour occuper…une seule province. La seule touche d’humour dans ce désastre global. Ce fut ensuite le tour de la forteresse de l’est. Elle tomba aussi vite que la précédente. 


Que firent les armées d’Ulm pendant ce temps, c’est ce que vous vous demandez. Eh bien malheureusement, elles faisaient leur travail, et bien. Elles battaient des détachements ennemis, occupaient des provinces, revenaient en arrière, mais le nombre des ennemis empêchait de consolider les fondations d’un empire qui périclitait, et les forteresses le prouvèrent d’une façon amère. Les Guerriers-Forgerons invoquaient des nuées d’épées pour découper les ennemis, d’autres rendaient les troupes amies plus résistantes et plus promptes à la découpe, et Ulm se battait au maximum de sa force. Le résultat fut la mise en place d’une armée d’élite, au détriment des provinces. Pour la gloire d’Ulm, aucune armée ne fut réellement battue, excepté les garnisons infimes et modestes des provinces et des forteresses, ainsi que les pauvres retraitées des premières campagnes de Grand Chef, qui cultivaient la terre dans la province du Pas de la Terre. Un autre massacre à sens unique. Ce n’était pas assez pour ces immondices, et la forteresse du sud fut à son tour assiégée…

Administrateur et rédacteur-en-chef omnipotent, j'écris sur l'actualité vidéoludique, l'actualité culturelle, la géopolitique et l'histoire militaire, parfois en partenariat avec Historia Games, Mundus Bellicus et la Gazette du Wargamer.

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