Rurouni Kenshin, l’animé qui te donne envie d’acheter des katanas (Critique anime/manga n°3)

Après des myriades de kholles, des vacances studieuses et un concours blanc monstrueusement inutile chiant stressant différent, il est temps de revenir au blog avec un amour de jeunesse : la série Kenshin.

 

I. La série

 


Shonen nous voilà !

 

Avant de repartir dans un délire propre à ce blog, tâchons de résumer rapidement la série. Un ancien samurai nommé Kenshin rencontre incidemment une fille nommée Kaoru, propriétaire d’un dojo. Ancien assassin, il semble avoir laissé son passé de côté pour se contruire un véritable avenir. Le manga et l’animé ont des structures propres aux shonen : l’introduction de nouveaux personnages, les « arcs » de combat contre des ennemis de plus en plus forts… De plus, l’animé bénéficie d’un avantage certain : la musique. Et la musique, c’est important. Entre musique traditionnelle japonaise, rock et musique symphonique (si si c’est possible), elle reste une référence à mettre d’urgence dans les MP3 (oui, tout comme Hunter X Hunter… Et Trigun… Et Gintama… Bref faites ce que je dis).

 

Bien sûr, la nostalgie me fait parler : j’ai vu la série assez jeune, j’en suis devenu fan, et aujourd’hui, du haut des années tristement passées, je retombe sur cette série en écoutant par hasard de la musique. Et ça m’a rappelé Sojiro. Signalons aussi (je l’ai déja dit dans d’autres critiques) mon amour profond pour les graphismes pré-années 2000, qui ont leurs cachets particuliers, loin de l’uniformisation tragique des animés à partir de 2008-2010 (sans parler du comique standardisé et des personnages qui se ressemblent tous). Donc là vous pouvez être contents : c’est du vieux, mais c’est beau. C’est dans les vieilles marmites, bla bla bla.

 


Saurez-vous retrouver les 5 personnages historiques ?

 

C’est une série qui vaut le détour, parce qu’en plus de la musique soignée, tout y est très réussi. Il est intéressant dans cette série de parler du contexte historique : sans faire une chronique historique très détaillée, le Japon s’ouvre aux puissances occidentales en 1868 en rentrant dans l’ère Meiji. Cette métamorphose est due à l’arrivée d’une flotte américaine dirigée par l’Amiral Perry quelques années plus tôt, qui a organisé un coup de pression sur les autorités. Le Japon s’est vu alors divisé, entre ceux qui prônaient le maintien de l’autorité Shogunale (le chef des armées, proche de l’empereur), et ceux prônant la libéralisation du pays. En 1868, l’armée Shogunale est finalement battue, et les Tokugawa sont destitués. L’empereur Meiji domine maintenant seul et s’ouvre aux puissances européennes : arme à feu, scolarisation, fin des « daimyos », et bla bla bla. La série commence donc une dizaine d’années après l’instauration de l’ère Meiji. Il est donc intéressant de voir une structure historique respectée, entre l’introduction des armes à feu, l’interdiction du port du katana, la disparition des samurai (bien que certains veulent continuer à subsister). Notons que Kenshin était un ancien rebelle anti-Shogun et que son passé va finir par lui revenir en pleine tronche.

 


Sojiro, mon personnage préféré

 

Les personnages sont par ailleurs travaillés comme il se doit (m’enfin c’est l’apanage de toutes les bonnes séries), et l’animé oscille entre légèreté et tristesse, entre humour et douleur.  Mais attention, vous lisez actuellement la critique d’un fanboy ABSOLU de Sojiro, l’antagoniste le plus intéressant qu’il m’ait été de voir dans mon histoire personnelle avec le shonen. Loin de l’habitude qu’ont CERTAINS SHONENS (commençant par N… et B…, ou O.. P…) à faire des méchants méchants jusque dans leur tronche, là on est loin du compte. Et c’est tant mieux. Et c’est ce qui fait le charme de la série. Et c’est surtout ce qui fait le charme de Sojiro. Prenez un gamin, faites-lui tenir un katana, faites-le tuer et contrôler des gens avec le sourire, rajoutez un immense talent pour le combat et un passé traumatisant et douloureux, et vous avez le plus fantastique anti-héros de la Japanimation. Son combat avec Kenshin restera à jamais dans ma mémoire.

 


Un combat d’anthologie.

 

Par ailleurs, il me semble utile de préciser que la série est une série de samurai, et que par conséquent, les combats sont obligatoirement stylés. Si vous n’aimiez pas les samurai avant, vous les aimerez après. C’est le même principe qu’en lisant Hikaru No Go : vous avez beau ne pas connaître le moins du monde le jeu de Go, après avoir lu ce manga vous n’aurez plus qu’une seule envie, y jouer. Donc vous être prévenus : c’est une bonne série, à regarder absolument, sauf au-delà des épisodes 60-61, et qui risque de vous passionner, comme toutes les bonnes séries.

II. Et en plus y a des OAV

 

La série a été complétée par différentes séries d’OAV, un film d’animation et, attention, un film film sorti y a pas longtemps (25 août 2012 quand même). Donc les deux films, vous pouvez les oublier. Ou les regarder. Ca dépend de vos goûts et envies. Mais moi je ne l’ai pas fait. Quant aux deux séries d’OAV, je n’en ai vu qu’une, qui est restée culte dans les mémoires de beaucoup de fans de Japanimation : Kenshin Tsuioku Hen. Vous vous rappelez du contexte historique ? Tant mieux parce que là, on est en plein dans la lutte entre les forces shogunales, matérialisées par le Shinsengumi (donnant dans la série un tas de personnages mémorables ; impossible de ne pas chercher à se renseigner sur le Shinsengumi après avoir vu cette série) et les rebelles, avec Kenshin Himura, l’assassin.

 


Ca calme hein ?

 

Pourquoi cette OAV est restée culte ? Par son ton tragique, par son ton sérieux, et par sa violence. On est en plein dans des troubles civils : des gens meurent, des gens souffrent, les combats au sabre coupent et tranchent (pas comme dans les Shonen où ils se bornent à blesser (cf Bleach et les innombrables blessures à l’épaule que se tapent tous les personnages parce que les scénaristes ne sont pas foutus de faire mourir les personnages principaux, même ceux qui le méritent (Orihime)). Et surtout, le héros est un assassin en-dehors de toute réalité, en-dehors de toute joie, en-dehors de toute vie. Mais la rencontre d’une femme va peut être tout changer. Ou peut-être pas.

 

Vous l’aurez compris, cet OAV est sombre, poignant, et donc très loin de l’atmosphère tranquille de la série, bien que celle-ci garde quelques thématiques sérieuses (toujours Sojiro). Et en plus, si vous êtes allergiques aux shonens, ça tombe très bien : pas besoin de regarder la série originale. Voyez ça comme une œuvre à part. Par contre, ne faites pas regarder ça à des enfants s’il vous plaît.

 

Conclusion

 

Kenshin est une série de jeunesse qui a laissé ses marques dans mon imaginaire et qui m’a tourné vers un amour inconditionnel des katanas et des ennemis tourmentés comme Sojiro. C’est bien fait, c’est stylé, c’est poignant, c’est drôle, c’est triste, c’est tout à la fois et c’est très bien. Partez immédiatement la regarder !

 

Liste critiques anime / manga
Episode 01 : Hunter X Hunter
Episode 02 : Ima Soko Ni Iru Boku
Episode 03 : Kenshin
Episode 04 : Gintama
Episode 05 : Hunter X Hunter 2011
Episode 06 : Kingdom
Episode 07 : One Punch Man
Episode 08 : Mob Psycho 100

Administrateur et rédacteur-en-chef omnipotent, j'écris sur l'actualité vidéoludique, l'actualité culturelle, la géopolitique et l'histoire militaire, parfois en partenariat avec Historia Games, Mundus Bellicus et la Gazette du Wargamer.

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