Shadow Tactics : Blade of the Shogun, les commandos japonais du 17e siècle (Critique vidéoludique n°25)

Après un test pour la Gazette disponible ici, voici venu le temps de la retranscription sur ce blog merveilleux. Le studio allemand Mimimi Productions, fondé en 2011 à Munich, est responsable notamment d’une poignée de jeux mobiles et d’un jeu de plateforme intitulé The Last Tinker : City of Colors, et sorti en août 2014. Pour leur tout dernier jeu, ils ont décidé de partir en Extrême-Orient, du côté du Japon, pour proposer de l’infiltration tactique dans un système proche de la bien connue série des Commandos. C’est sorti le 6 décembre, et ça s’intitule Shadow Tactics : Blade of the Shogun.

 

I. De la Seconde Guerre mondiale au Japon shogunal

 

De Commandos : Derrière les Lignes Ennemies (1998) à Commandos 3 : Destination Berlin (2003), les développeurs de Pyro Studios avaient à cœur de proposer au joueur une expérience tactique centrée sur l’infiltration de militaires en pleine Seconde Guerre mondiale. En fonction des personnages, plusieurs moyens s’offraient à nous, du commando pur et dur se faufilant pour poignarder des officiers ou canarder des groupes adverses, à la séductrice capable de détourner l’attention des gardes, le tout dans un monde dans lequel on pouvait interagir avec une poignée d’éléments ayant un impact direct, que ce soit en utilisant des véhicules, en fouillant des maisons, en ouvrant des portes, en ramassant des objets pour l’inventaire ou en utilisant des actions contextuelles.

 


On change de décor. Oubliez les jeeps.

 

Les Allemands de Mimimi Productions réutilisent ce gameplay si particulier en le transposant au 17e siècle. A cette époque, le Shogun Tokugawa Ieyasu reprend les rênes du pays (voyez mon Conflit d’Histoire sur le Sengoku Jidai), a visiblement besoin d’agents pour régler les différents problèmes militaires rencontrés, et c’est là que vous interviendrez. Avec un éventail de personnages très différents, dans une histoire toutefois plutôt simple, vous vous retrouverez ainsi dans les intrigues de la cour à la recherche d’agents travaillant dans l’ombre pour faire tomber votre nouveau Shogun. Le jeu donne beaucoup plus de place à l’infiltration, et enlève le système d’inventaire un brin touffu des Commandos.

 

II. Les tactiques de l’ombre

 

Tout comme son illustre inspirateur, Shadow Tactics jette un ou plusieurs de vos héros sur une carte ouverte, en leur donnant une poignée de techniques, la possibilité de se cacher dans les buissons et d’utiliser différents éléments contextuels, le tout en temps réel. Les ennemis, divisés en « classes » plus ou moins dangereuses pour vos personnages, bougent, se parlent entre eux, patrouillent, toujours en temps réel, et gare à vous si vous êtes repérés car une nuée de soldats surgira alors à votre recherche, d’autant plus que les possibilités de combat direct sont à peu près nulles.

 


Une infiltration, ça se prépare. Même à coup de cailloux.

 

A titre d’exemple, dans la première mission, vous dirigerez un ninja, capable d’escalader les murs, d’utiliser son grappin, de lancer des shurikens et de distraire les gardes avec un caillou, mais aussi au guerrier, capable de porter de lourdes charges, de tuer en un instant un groupe d’ennemis ou de leurrer les adversaires avec une bouteille de saké. En progressant petit à petit, il vous faudra absolument éviter les cônes de vision adverse, vous débarrasser des corps en les cachant dans les fourrés ou encore dans des jattes, et maîtriser le mode shadow, qui vous permet de préparer à l’avance une action par personnage, qu’ils pourront réaliser en même temps.

 


Les deux gus ne vont pas voir venir le shadow mode qui va s’abattre sur eux.

 

III. Une campagne shogunale

 

Mais les deux larrons sus-cités seront vite rejoints par une geisha usant de ses charmes pour tromper l’adversaire, par un tireur d’élite restant à distance et enfin par un enfant des rues capable de poser des pièges, et il vous faudra gérer cette fine équipe dans des situations de plus en plus complexes. A vous dès lors de vous occuper des différents objectifs du jeu, tel l’élimination d’officiers ou bien encore l’explosion d’une porte, le sauvetage de personnalités, etc.

 


Le Samurai peut faire des ravages, si placé correctement.

 

La structure des niveaux est bien pensée, et vous pourrez accéder aussi bien à des escaliers qu’à des toits, des murs d’enceinte ou des parois rocheuses dans votre découverte du niveau, ce qui fait ressembler Shadow Tactics à un grand jeu d’analyse et de réflexion façon puzzle tactique. Les développeurs promettent en tout cas près de 25 heures de jeu, et il est en effet conseillé de prendre son temps pour réfléchir correctement aux situations : la difficulté est certes progressive, mais il vous faudra apprendre à agir vite et, au pire des cas, à savoir sauvegarder au bon moment. La multitude des objectifs secondaires permettra aux plus acharnés de revenir sur les missions effectuées pour les réaliser en un temps record et sans tuer personne.

 

Conclusion

 

Cinq personnages, une bonne durée de vie, une pléthore d’objectifs secondaires, une certaine difficulté, Shadow Tactics renouvelle bien le genre du Commando-like en s’en démarquant sensiblement, avec une place déterminante de l’infiltration et le besoin d’une coordination précise entre les cinq personnages pour vous dépêtrer de situations difficiles. Le « shadow mode » vous permettra même de prévoir une action par personnage, qu’ils réaliseront en même temps par pression de la touche entrée. Il y a de quoi faire. Pour un premier coup d’essai dans le domaine, Mimimi Productions a fait fort.

 

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Administrateur et rédacteur-en-chef omnipotent, j'écris sur l'actualité vidéoludique, l'actualité culturelle, la géopolitique et l'histoire militaire, parfois en partenariat avec Historia Games, Mundus Bellicus et la Gazette du Wargamer.

One Comment
  1. Reply ThieP 4 janvier 2017 at 13 h 18 min

    Ce jeu semble être très intéressant. C’est le genre que je préfère : les jeux qui ont pour thématique la réflexion. Je suis prêt à tuer 25 heures de jeu même si le niveau de difficulté est élevé. En plus de cela, je remarque que les personnages ont une certaine marge d’action. Par exemple, ils utilisent des techniques pour se cacher.

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