C’est une péninsule (Dominions 5 : Cruelle Aurore, épisode 03)

I. Tours 1 à 5

 

Quand j’ai tiré les dés, ce n’était pas en ma faveur. Me voilà coincé dans une péninsule, avec qui plus est des indépendants assez puissants autour de moi, qui m’attendent avec leur cavalerie et leur infanterie lourde. Ni une, ni deux, je recrute un bon nombre de lanciers demi-géants, je prophétise mon commandant de départ, je fourbis mes armes et je lance mes premières recherches qui devraient me permettre de balancer des sorts pour compléter mon attirail de guerre. Mais chaque bataille est difficile, si bien que finalement, mon dragon se révèle d’un secours indispensable pour appuyer mes forces et me donner la victoire. Mon objectif n’est plus de capturer deux provinces par tour, mais d’en capturer au moins une. Mes lanciers tiennent la ligne, mon prêtre baragouine des paroles incompréhensibles, et le Grand Ur-Donateur croque les commandants ennemis et crache du feu sur les traînards fuyant mes demi-géants. J’arrive ainsi à un vrai problème stratégique : je ne contrôle pas les provinces limitrophes, et je me prive d’un bonus de ressources non négligeables.

 


La péninsule, mortelle ennemie ! Vite, rejoignons le continent.

 

Pourquoi donc, vous demandez-vous ? Pour avoir un accès sur le continent pardi ! Je suis désespérément proche de l’eau, et si Vanheim est suffisamment malin pour utiliser sa capacité de traversée d’eau dans une dizaine de tours, je risque d’être assez embêté au niveau de ma capitale. Je sacrifie donc mes ressources et pousse vers l’intérieur des terres. Quand je pense que dans mes parties test les provinces indépendantes sont bien moins garnies… La chance est absente de cette partie pour le moment. Mes troupes commencent à s’aguerrir dans le lointain, mais aussi à se blesser. Au tour 4, j’ai à peine une dizaine de soldats valides, mais heureusement un énorme dragon pour les appuyer. Mais je pense avoir atteint mon objectif : la province à proximité du trône. Ce sera ici qu’un château se dressera pour avoir ce fichu pied sur le continent.

 


Les lanciers devant, les archers derrière, le prêtre qui chante dans le tas… Et un dragon qui crame les fesses des commandants !

 

Dans ma capitale, j’essaye d’entraîner une deuxième armée, mais je manque de ressources évidemment, et les mercenaires sont engagés par notre ami d’Ulm, qui n’en a pas besoin, et qui veut juste embêter tous les joueurs et avoir une expansion agressive. Je prie pour avoir un adversaire à proximité qui souffre autant que moi, mais il ne faut jamais sous-estimer ses adversaires n’est-ce pas ?

 


Les archers ennemis sont croquants sous la dent pour le Grand Ur-Donateur.

 

Et puis patatras, tout s’écroule. Ulm est à mes portes. Il s’en est fallu de peu qu’il ne me repousse bien au-delà. J’aurais dû prendre davantage de risques avec mon dragon, même si je ne me doutais pas un seul instant qu’il y eut quelqu’un dans cette forêt. D’où l’intérêt de répéter la partie avant, puisque dans la partie test d’après contre l’IA, j’ai réussi davantage mon expansion, et je retrouve mon ami Ulm dans la forêt. Passons. Il me bloque dans mon expansion, ce qui signifie qu’il n’y a qu’une chose à faire : forcer le passage pratiquer la diplomatie. Il s’en est fallu de peu que je force le passage. Son armée est bien équipée, et complétée par des mercenaires eux aussi en armures lourdes. Si j’avais eu un peu plus de présence d’esprit, j’aurais fait tout mon possible pour les recruter d’entrée de jeu. Quoi qu’il en soit, je prépare mon armée à un combat mortel qui déterminera l’avenir de ma nation…quand la diplomatie s’installe entre nous. J’achète tout simplement la province pour 480 pièces d’or. C’est beaucoup, surtout en début de partie, mais c’est ça ou risquer l’entièreté de mon armée. Peut-être aurais-je pu triompher par les armes, mais l’achat est plus simple. Je suis trop faible, et je n’ai pas les moyens d’approcher Ulm sachant que mes armées de renforts sont à trois ou quatre tours, et celles d’Ulm à un ou deux. La diplomatie triomphe donc, avec des conditions : pas de fort sur la province. Coup dur, car c’était là que je comptais le mettre, pour protéger ma péninsule, et m’assurer un passage sûr avec le continent. Impossible de contourner cette interdiction, car cela provoquerait la guerre, sachant que les espions d’Ulm sont capables de voir si un fort est en train de se construire dans la province. Donc je joue franc jeu. Pour le moment…

 


Les industriels d’Ulm, qui m’empêchent de rejoindre le continent ! Baston ou diplomatie, le choix ultime.

 

II. Partie RP

 

Le Grand Ur-Donateur s’ébroua et se lança dans les airs. Il retomba avec fracas sur les commandants adverses qui pensaient regarder de loin une bataille. Après les avoir immolé avec leurs gardes du corps, il regarda au loin pendant que ses fidèles demi-géants avançaient pas-à-pas parmi les frêles humains, tailladant à l’aide de leur lance les faibles créatures, pendant que le Roi psalmodiait des cantiques à sa gloire. Ce fut la débandade peu après. Encore une province de capturée. L’ancien dieu gronda. Le temps leur manquait. Les autres prétendants rassemblaient des nuées de fanatiques, les utilisant comme chair à canon pour devenir le seul et unique dieu. Le Grand Ur-Donateur pesta face au mépris de ses anciens condisciples, toujours adeptes de la manipulation et de la diplomatie. Il s’envola pendant que ses troupes occupaient la ville principale de la région, expliquant qu’il n’y avait qu’un ordre véritable.

 

Il tournoya dans le ciel, contemplant l’océan qui s’étendait loin vers l’horizon. La position d’Uruk était précaire, il le savait. Il fallait qu’ils se taillent un chemin vers l’intérieur et qu’ils se fortifient. Il n’avait jamais été grand stratège, mais il était prêt à le devenir pour protéger Aurore des abominations. Ses espions lui avaient dit qu’une puissance parmi celle des quatre autres prétendants recrutait de plus en plus de mercenaires. Des hommes payés pour faire la guerre et massacrer des innocents, et qui changeaient de camp comme de chemise sale. C’était bien sûr ce fourbe de Python, qui avait jeté son dévolu chez les industrialistes d’Ulm. Ce qui l’embêtait, c’est que lui et ses fidèles observaient des lointaines forêts de gigantesque feux, émanant d’incendies…ou de forges fonctionnant à plein régime.

 

Trois semaines après, une fois la province totalement pacifiée et acquise à sa gloire, ils se remirent en route. Le continent était proche…Mais les étendards d’Ulm flottaient déjà haut dans le ciel quand ils arrivèrent. Le dragon hurla, ce qui fit arriver plus vite un émissaire du prophète de Python. La haine du Grand Ur-Donateur était palpable, mais la patience et la tempérance du Roi d’Uruk légendaire. Il convainquit son dieu, qui brûlait d’attaquer les positions de son fourbe de rival, d’attendre. Ils attendirent. Et la diplomatie fit son chemin. Le Roi envoya un convoi de demi-géants rempli d’or pour récupérer la province. Le Grand Ur-Donateur ne parla pas à ses ouailles pendant plusieurs semaines, mais le Roi tint bon. La diplomatie était son arme et celle de son peuple, le dieu téméraire ne devait point l’oublier.

 

Liste des Episodes :

Rédacteur pour Mundus Bellicus et la Gazette du Wargamer, j'écris sur l'actualité, l'actualité culturelle, la géopolitique et l'histoire militaire.

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