Actu Vidéoludique du Captain – 4e Trimestre 2018

Bienvenue dans le dernier épisode de l’année 2018 de l’Actu Vidéoludique du Captain, qui traite des dernières sorties trimestrielles des jeux de gestion, de tactique, de stratégie, d’histoire, de FPS tactiques et j’en passe, le tout sélectionné par mes soins. Au menu, du Warhammer 40K, du conflit contemporain, de la gestion de parc d’attractions et même d’un cimetière.

 

Ca bouge encore dans l’hyperespace (4X)

 

En 2008, Sins of a Solar Empire propose un 4X très abouti, proposant de s’étendre de planètes en planètes, d’exploiter diverses ressources grâce à des bâtiments, d’étendre son influence à l’aide de stations orbitales, et de mettre en place des flottes de combat qui sillonneront les voies spatiales pour abattre vos adversaires. Le jeu bénéficie surtout d’une grande variété de vaisseaux, de différentes classes en fonction des trois races de départ, dont les fameux vaisseaux-amiraux, aux compétences exceptionnelles. Les batailles en 3D sont d’ailleurs extrêmement satisfaisantes à regarder, avec des vaisseaux sortant de l’hyperespace sous des déluges de laser ou de rayons divers, de missiles, tandis que les nuées de chasseurs et de bombardiers virevoltent, sachant qu’on peut suivre n’importe quel vaisseau à l’aide de la caméra.

 

 

Eh bien Ironclad Games, qui s’est remis de l’échec de son MOBA à la très courte vie Sins of a Dark Age (2015-2016) face à la concurrence, continue d’étendre les limites de son premier jeu. Deux petites extensions, Entranchment (2009) pour la défense, et Diplomacy (2010) pour…vous l’aurez compris, sont suivis par Rebellion (2011), qui rajoute loyalistes et rebelles dans chaque race ainsi qu’un peu plus de contenu. Trois DLC ont suivi, et le quatrième sort ce trimestre sous le nom de Minor Factions, rajoutant des peuples locaux avec leur propre idéologie, et bonus s’ils sont contraints de rejoindre votre empire. Il est toujours appréciable de voir de bons jeux continuer de s’étendre.

 

Le grand huit de la gestion

 

On sait bien que Theme Park a en 1994 redoré le blason des simulations de business en vous mettant dans les chaussures chromées d’un magnat du parc d’attractions, développant attractions en même temps que vos pompes à fric que sont vos magasins de ballons, de frites trop salées, de boissons trop sucrées, de cafés trop forts poussant vos clients à consommer encore et encore, afin de vous apporter gloire et argent. Depuis, outre la série des RollerCoaster (1999-2004), peu de choses avaient été faits dans le domaine, jusqu’à Planet Coaster (2016), un véritable bac à sable pour construire le parc de vos rêves avec ses attractions, mais en gommant le côté gestion. Parkitect, lui, est sorti en early access depuis deux ans à l’aide de la petite équipe de Texel Raptor, jusqu’à enfin sortir en version complète. Il propose un paramétrage des attractions encore plus précis (parfois trop), avec des tas de possibilités différentes, le steam workshop étant directement disponible en jeu, et avec un volet gestion plus prononcé avec du personnel, leur entrainement ou encore les zones de ravitaillement de vos magasins. Une petite initiative sympathique pour prolonger les jeux de gestion de parcs d’attractions.

 

 

Vous connaissez The Settlers II ? Moi aussi. C’est pourquoi The Colonists ne vous surprendra pas en reprenant tout du jeu de 1996 : les routes, le transport de ressources, les zones d’utilisation des bâtiments, mais avec de plus jolies couleurs, des besoins exprimés plus clairement et des robots, par codebyfire.

 

 

Autant Two Point Hospital était le successeur aussi déjanté de Theme Hospital (1997), autant Project Hospital, développé par Oxymoron Games prend l’optique inverse, en proposant une expérience plus mûre, et peut-être plus angoissante, car qui n’a jamais rêvé de diriger sérieusement un hôpital où viennent des gens malades ? Ceci étant, le jeu a l’air assez agréable à prendre en main, et il faudra personnaliser vos salles, vos couloirs, au milieu de docteurs faisant des trucs de docteurs, prescrivant des médicaments ou réalisant diverses opérations. Le jeu est bien mené, est plus riche que son concurrent déjanté, même si tout le monde n’adhérera pas au look général du titre et à son interface légèrement aride.

 

 

On sait que le jeu de gestion peut être assez ouvert, jusqu’au dernier Machiavillain où vous commandez une légion de monstres pour dévorer vos proies. Eh bien Graveyard Keeper vous donnera un rôle encore inédit, celui de gardien de cimetière, dans un jeu faisant penser à la gestion de propriété agricole que pouvait être Stardew Valley (2016). Ici point de riantes salades, mais des tombes, une église, et des constructions diverses pour prolonger votre activité, avec une jauge de fatigue journalière et des combats contre des monstres. Le jeu est développé par Lazy Bear Games qui avait déjà innové en 2016 avec Punch Club, un jeu de gestion de combattant qui doit aller s’entraîner, apprendre de nouveaux coups puis divertir le public sur un ring.

 

 

Tactique des mutants ou tactique historique ?

 

On en a vu des noms de studio, mais The Bearded Ladies Consulting fait fort. Ces Suédois ont développé deux petits jeux pour le PSN avant de se lancer dans la cour des grands avec Mutant Year Zero : Road to Eden. Le soft a une patte graphique et un univers très particuliers, avec des animaux anthropomorphes se battant à coup d’armes de poing ou d’armes plus élaborées dans les ruines d’un futur apocalyptique pour ramener de leurs expéditions des objets pour garnir le hub central où se regroupent tous les mutants. Le jeu se divise entre l’exploration en temps réel dans des lieux dévastés, et les combats tactiques se déroulant au tour par tour, avec des couverts, des armes, des compétences, et trois mutants sur le terrain prêts à en découdre, reprenant le système à la XCOM.

 

 

Warhammer 40K continue d’avoir le vent en poupe avec deux jeux, dont un étant la reprise du jeu de plateau paru en 1989, Space Hulk, où une escouade d’élites Space Marines doit affronter dans la carcasse d’un vaisseau et des couloirs exigus des nuées de genestealers tyrannides, qui rôdent et attendent le dernier moment pour vous plonger dessus. L’adaptation du jeu de plateau en jeu vidéo a commencé au début des années 1990, avec une longue période de disette culminant dans l’échec relatif de l’opus tactique de 2013, développé par Full Control, et celui de Space Hulk Deathwing (2016), sorte de resucée d’un Left 4 Dead (2008-2009) ou d’un Warhammer : Vermintide (2015-2018), soit un jeu de combat où vous luttez contre des nuées d’ennemis avec des armes différentes. Space Hulk : Tactics garde la formule tactique initial, le fait correctement, mais avec une IA pas très maligne et une certaine lourdeur qui plombent légèrement le soft. Quant à Warhammer 40K : Mechanicus, il introduit au lieu des sempiternels chapitres de Space Marines l’Adeptus Mechanicus, une secte vénérant les progrès technologiques, dans un jeu tactique au tour par tour à la XCOM où il s’agira de combattre les vils Nécrons, avec force compétences et subtilités, avec un système de cognition plutôt original et une personnalisation poussée de vos troupes.

 

 

Si vous cherchez sur la courte durée un petit jeu aux graphismes minimalistes mignons, Bad North devrait vous contenter. Développé par Plausible Concept (je ne leur fais pas dire), il nous propose d’aller d’îles en îles avec des escouades de bonhommes aux capacités évolutives pour rejeter à la mer les envahisseurs saxons. Vos lanciers peuvent repousser facilement les adversaires venant d’une seule direciton, les épéistes à bouclier se protègent des flèches adverses, vos archers font pleuvoir la mort, et ce n’est que par leur travail collectif que vous pourrez protéger les maisons qui vous apporteront en fin d’île de l’argent pour équiper et améliorer vos escouades. La mort est néanmoins permanente, donc attention sur le chemin.

 

 

Combat Mission : le wargame tactique prédictif

 

La série des Combat Mission a une longue histoire derrière elle. Développé par Battlefront.com depuis 2000, ces jeux présentent un champ de bataille en trois dimensions où déployer ses troupes d’infanterie, son artillerie, ses chars de combat, ses véhicules de transport au tour par tour, avant de voir le résultat de vos actions en même temps que celles de l’adversaire. Couvert, moral, commandement, munitions, armes spéciales, couverture, blessures, présence d’un infirmier, destruction du décor, le jeu prend énormément de paramètres en compte, dans un jeu peu accessible facilement aux néophytes, et pour des parties durant un petit bout de temps, chaque minute de combat devant être planifiée lourdement à l’avance lors de la mise en place du tour, tout en jouant sur la coordination entre les différentes unités.

 

 

De Beyond Overlord (2000) à Final Blitzkrieg (2016) pour la Seconde Guerre mondiale, mais aussi de Shock Force (2007) à Black Sea (2014) pour les conflits contemporains, les simulations se veulent réalistes au niveau des systèmes d’armes, des ordres, et des différents paramètres, d’autant plus que les différences entre la Seconde Guerre mondiale et la guerre moderne en Afghanistan ou en Ukraine sont savamment représentées, notamment sur les distances d’engagement et la létalité des armements. Cette année voit donc la sortie de la suite de Shock Force avec Combat Mission Shock Force II. Néanmoins, il s’agit davantage de reprendre et d’améliorer la formule de 2007 plutôt que d’innover. L’opus initial traitait d’une situation hypothétique de conflit en Syrie, tout comme Black Sea était développé en imaginant un conflit en Ukraine avant même que celui-ci ne fut d’actualité. La preuve que le jeu de guerre peut parfois avoir quelques similitudes avec la réalité… Le jeu n’innove donc pas vraiment le traitement de ce conflit « hypothétique », et se contente d’améliorer le moteur.

 

Wargames historiques

 

Basil Henry Liddell Hart a décrit en son temps la Seconde Guerre mondiale, développant le concept de grande stratégie, qui a fait des émules chez les Suédois de Paradox Interactive, mais pas seulement. Cela fait en effet 16 ans que la série de wargames Strategic Command, développée par Fury Software, nous envoie au milieu de cases et de pions pour simuler des conflits historiques, autour des deux guerres mondiales, avec des volets militaires mais aussi diplomatiques, économiques, industriels et j’en passe. Strategic Command WWII : World at War n’innovera pas, mais reprend tous les éléments qui ont fait le succès de la série, avec sa vision élargie à un camp, ses recherches, sa diplomatie, son industrie et puis son utilisation des pions d’unités, liées à un quartier général mobile ou non, permettant de simuler les combats navals, aériens ou terrestres à l’échelle mondiale. On note un soft pris en main facilement, avec des graphismes légèrement moins austères et des aides de jeu permettant au néophyte de se frotter à un wargame, ce qui est toujours appréciable. Le jeu reste néanmoins assez riche, avec un grand nombre d’unités, des décisions politiques à prendre, des possibilités de combat ou de déplacement variées, et j’en passe.

 

 

Au rang des petites nouveautés, on note l’apparition sur Steam du quatrième opus de la série née en 1998, The Operationnal Art of War IV, paru initialement en 2017. Cette longue série traite des conflits allant du XVIIIe siècle à aujourd’hui, avec des hexagones, de multiples paramètres, une échelle allant du bataillon à la division en fonction des scénarii, et une multitude d’options de combat, étudiant largement la topographie et l’état des forces de chaque côté. Le quatrième opus, bien que toujours austère et sans tutoriel, reste toujours aussi riche, varié et complet, et se paie le luxe d’être désormais sur Steam. Il est à réserver aux aficionados qui seront ravis de profiter notamment d’un système de combat naval remanié.

 

Jeux de tirs et conflits contemporains

 

Nous n’abandonnons jamais les jeux de tir à la première personne ou first-person shooter (FPS) dits « tactiques ». Arma III, la simulation de combat contemporain, se dote d’un nouveau mode multijoueur avec un combat progressif qui s’étale sur différents objectifs pour s’occuper de bots puis de joueurs adverses jusqu’à arriver à la base adverse avec Warlords. En s’éloignant des Tchèques de Bohemia Interactive, on découvre New World Interactive, qui a notamment développé un FPS multi contemporain nommé Insurgency (2014), puis Days of Infamy (2017) pour la Seconde Guerre mondiale. Ils reviennent à leurs premiers amours avec Insurgency : Sandstorm, toujours aussi exigeant, et mêlant aussi des combats contre de vrais joueurs que contres des IA.

 

 

Total War : Arena, la fin

 

Creative Assembly a la belle vie. Depuis Shogun : Total War (2000), le mélange entre stratégie et tactique fait son petit effet, dans l’Antiquité, au Moyen-Age, au XVIIe et XVIIIe siècle, et même dans un monde de fantasy avec Total War : Warhammer (2016-2018) duquel j’ai abondamment parlé. En attendant Three Kingdoms, qui adaptera le IIIe siècle chinois, CA a choisi de s’ouvrir à des formats plus épisodiques, avec Total War Saga : Thrones of Britannia (2018), des opus plus limités en terme d’univers, ainsi qu’un free-to-play, Total War : Arena, dont le développement chaotique a commencé en 2013, et qui a ensuite bénéficié d’un lien avec Wargaming, la société des World of Tanks (2009) et cie. Le soft propose des combats de dix contre dix, chaque joueur étant responsable de trois formations militaires (infanterie, cavalerie, archerie, artillerie). Chaque formation a son niveau, son équipement, ses compétences, et sa faction. Il s’agit de contourner l’adversaire, d’utiliser le terrain et les compétences à bon escient. Néanmoins, le jeu a fait un flop, et les serveurs fermeront prochainement, ce qui clôt une expérience free-to-play certes satisfaisante, mais répétitive, et impliquant des différences trop importantes en fonction du niveau des formations pour avoir un équilibrage cohérent. RIP.

 

 

Conclusion

 

2018 s’arrête donc ici (pour votre plus grand bonheur), mais l’aventure continuera en 2019 (pour votre plus grand malheur), car le monde de la tactique, de la gestion, de la stratégie et j’en passe ne s’arrête jamais. Bonne année à toutes et à tous !

 

Editions récentes de l’AViC (2018) :

 

Liste des jeux vidéos du site.

 

Jeux du 4e trimestre 2018 :

  • 4X : Sins of a Solar Empire : Rebellion – Minor Factions
  • FPS : Arma 3 : Warlords, Insurgency : Sandstorm
  • Gestion : Graveyard Keeper, Parkitect, Project Hospital, The Colonists
  • Tactique : Bad North, Combat Mission Shock Force II, Mutant Year Zero : Road to Eden, Space Hulk : Tactics, Warhammer 40K : Mechanicus
  • Wargame : Strategic Command WWII : World at War, The Operationnal Art of War IV

 

Jeux du 3e trimestre 2018 :

  • 4X : Aggressors : Ancien Rome, Warhammer 40K : Gladius Relic of War
  • FPS : Post Scriptum
  • Gestion : Megaquarium, Two Point Hospital
  • Stratégie / Tactique : MechCorp, Phantom Doctrine, Rome II : Total War – Rise of the Republic
  • Tactique : Command & Colors : Ancient, Frozen Synapse II, Panzer Strategy, Valkyria Chronicles IV

 

Jeux du 2e trimestre 2018 :

  • Gestion : Cultist Simulator, Dead in Vinland, Frostpunk, Jurassic World : Evolution, MachiaVillain
  • STR : Ancestors : Legacy
  • Stratégie / Tactique : Total War : Thrones of Brittania, Total War : Warhammer II – The Queen and The Crone
  • Tactique : Battletech, Field of Glory II : Age of Belisarius, Masters of Anima, Sanctus Reach : Horror of the Warp
  • Wargame : March to Glory, Order of Battle WWII

 

Jeux du 1er trimestre 2018 :

  • 4X : Civilization 6 : Rise & Fall,  Endless Space II : The Vaulters, Stellaris : Apocalypse
  • Action : Sea of Thieves, Warhammer : Vermintinde II
  • Action / RPG : Kingdom Come : Deliverance
  • Gestion : Railway Empire, Surviving Mars, They Are Billions
  • Grande stratégie : Europa Universalis IV : Rule Britannia,  Hearts of Iron IV : Waking the Tiger
  • STR : Age of Empires : Definitive Edition, Empires Apart, Northgard
  • Stratégie / tactique : Total War : Rome II – Desert Kingdoms, Total War : Warhammer II : Rise of the Tomb Kings
  • Survie : Eco, One Hour One Life, Subnautica
  • Tactique : Abandon Ship, Into the Breach, Wartile
  • Wargame : Field of Glory II : Legions Triumphant, Steel Division : Normandy 44 – Back to Hell, Wars of Succession

Administrateur et rédacteur-en-chef omnipotent, j'écris sur l'actualité vidéoludique, l'actualité culturelle, la géopolitique et l'histoire militaire, parfois en partenariat avec Historia Games, Mundus Bellicus et la Gazette du Wargamer.

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