L’Actu Vidéoludique du Captain – 3e Trimestre 2018

Bienvenue à vous pour ce dix-neuvième épisode de l’Actu Vidéoludique du Captain ! Il s’agit toujours de regarder particulièrement le marché des jeux vidéos historiques, stratégiques, tactiques ou encore de gestion, tout en s’autorisant quelques petites excursions en-dehors de ces zones balisées de temps en temps, sur un thème particulier ou non. Contrairement aux épisodes de 2016 et 2017, on parle ici de sorties officielles, en accès anticipé ou non, et non pas des innombrables news qui animent ce champ vidéoludique particulier. Du concret, que diable !

 

I. Aquarium et hôpital, le combo gagnant de la gestion

 

En 2015, le monsieur derrière le studio Twice Circled nous surprenait avec Big Pharma. Dans ce jeu de gestion de laboratoire pharmaceutique, il fallait gérer la recherche, la production, mais aussi la constitution de chaînes de production pour optimiser à l’aide de tapis roulants le transport, les combinaisons d’ingrédients, les transformations de produits et l’arrivée du médicament fini pour livraison, à la Factorio (2012), afin de lutter contre des maladies diverses et variées. Dans Megaquarium, la formule est plus classique, bien que le fait de gérer des aquariums soit plutôt inédit. Vous mettez en place vos divers bassins, avec leur décor, les machines de filtrage et de gestion de température qui conviennent, les espèces de poissons qui veulent tant de congénères, de chaleur, de filtrage, de plante par bassin. La diversité est de mise, et n’essayez pas de combiner certains types de poissons, lorsqu’ils s’entredévoreront il sera trop tard. Et n’oublions pas non plus la partie humaine : il faudra recruter divers profils d’employés, capables de nourrir vos amis aquatiques, chaque espèce ayant son type de nourriture, et de réaliser des maintenances sur les divers appareils et de réparer les machines ou les aquariums. Vous accueillez ensuite des visiteurs prêts à payer pour voir vos raies. Littéralement. Le tout sans parler des petites subtilités comme la recherche. Une belle surprise aquatique.

 

Si vous vous souvenez du vieux et vénérable Theme Hospital (1997), développé par Bullfrog Productions, le studio de l’ami Molyneux (Populous, Theme Park), vous vous rappelez d’un jeu de gestion d’hôpital aux maladies rigolotes, aux animations sympathiques, au ton décalé et qui s’avérait pourtant redoutablement complet, avec des tas de salles, de docteurs, d’infirmières, de techniciens, d’assistants. Vous saviez que ceux qui viennent consulter vont d’abord se faire enregistrer, puis vont voir un généraliste, qui ensuite va leur faire voir d’autres diagnosticiens pour ensuite se faire soigner (psychiatrie, éclatement de tête). Il fallait aussi gérer les files d’attente en construisant des bancs ou d’autres salles avec d’autres médecins, tout en n’oubliant pas de rajouter des distributeurs d’eau et de nourriture, des toilettes, une salle de repos pour vos employés. Rajoutez à cela la propreté, la température, la gestion des salaires, les urgences, les visites d’inspection, certains diront le bruit et l’odeur, et vous aviez un grand jeu.

 

Si je vous dis ça, c’est que Two Point Hospital reprend le tout. Et le pire, c’est que le bougre le fait excessivement bien, jusqu’à dépasser l’original, avec de petites innovations, de nouvelles maladies, une gestion encore plus fine des emplois de vos salariés, des animations hilarantes pour des maladies aussi étranges que la diarrhée verbale, la transformation en clown qui nécessite un chapiteau spécial tenu par un de vos employés, et j’en passe. Comme dans l’opus original, vos employés ont un salaire, des traits de caractère, et des compétences que vous pourrez améliorer quand ils prendront du galon, en invitant dans une salle de classe des consultants étrangers. Le tout est d’une grande réussite, avec une bande-son mi-humoristique reprenant le ton des vieilles radios américaines, mi-relax qui vous fait passer devant votre ordinateur un excellent moment. L’essayer, c’est l’adopter. Notez d’ailleurs que le jeu est développé par Two Point Studios, composés de certains survivants de l’ancien studio de M. Peter Molyneux. Les vieilles marmites, tout ça tout ça…

 

II. La stratégie / tactique des mercenaires et des espions

 

Ce sont les développeurs d’Hard West (2015) que nous retrouvons dans Phantom Doctrine. Testé par mes soins, il s’agissait d’un jeu de tactique sauce western-fantastique ressemblant à un ersatz de la série XCOM (1994-2016). Mais cette fois, dans ce nouveau soft se déroulant en pleine Guerre Froide, l’hommage est encore plus présent avec une véritable carte stratégique, une base secrète, le recrutement d’hommes ou de femmes, leur gestion vestimentaire ou d’équipement, et j’en passe. Une fois la mission enclenchée, vous pouvez tout aussi bien la réaliser en utilisant, au tour par tour, l’infiltration afin d’éviter alarmes et gardes, ou le combat, selon un système de points d’action. On peut penser à une inspiration venant du jeu d’espionnage Invisible, Inc. (2015) développé par Klei Entertainment. Une grande place est donnée à l’information, et c’est grâce au croisement des données que vous acquerrez au fil du jeu que vous pourrez débusquer les organisations secrètes. Une partie des critiques se focalise sur l’aspect tactique du titre, avec des lignes de vue parfois un peu trop erratiques. Un jeu original.

 

Petit jeu développé par k.Song Tan, MechCorp ressemble à un Faster than Light (2012) pour le côté aléatoire et événementiel, et à Battletech pour la gestion de méchas dans des batailles au tour par tour. Vous préparez des mechs, attendez qu’ils se réparent, les améliorez, les envoyez en mission et si vous perdez, vous risquez de petit à petit perdre tout votre ravitaillement pour aboutir à un game over.

 

III. Les 4x à la Slitherine

 

Les éditeurs bien connus de jeux tactiques, stratégiques et historiques, qui restent mes sujets de prédilection dans les lignes d’Historia Games, reviennent avec non pas un mais deux jeux, et hasard ou pas, il s’agit de deux 4X. Je ne vais pas vous faire l’injure de vous expliquer le terme, vous le trouverez expliqué notamment dans mon test sur Historia Games d’Aggressors : Ancien Rome, le 4X historique avec ses possibilités militaires multiples mais son aspect un peu plan-plan.

 

Quant à Warhammer 40K : Gladius Relics of War, il a en partie les défauts de l’autre titre en se focalisant essentiellement sur l’aspect militaire, mais le réalise de plus belle manière. D’abord, c’est l’univers qui prime, avec ses quatre factions très différentes, des populeux Gardes Impériaux aux mécaniques et cruels Nécrons. Ensuite, son système de développement, couplé aux différences fondamentales entre les pyramides volantes nécrons et la forteresse unique Space Marine pour ne citer qu’eux, permet de donner un vrai cachet Warhammer 40K au titre, sans parler des terres désolées et des troupes avec diverses compétences luttant au tour-par-tour contre des légions de monstres. Une belle pioche si vous aimez Warhammer 40K et Civilization en somme, en vous concentrant par contre uniquement sur l’aspect militaire. Le manque de factions différentes est un des principaux reproches qu’on peut faire au titre. Le tout est développé par Proxy Studios, les mêmes qui avaient ressuscité le genre du 4X à la sauce SF en 2013 avec Pandora : First Contact, suite spirituelle du jeu de Sid Meier Alpha Centauri (1999) qui avait déjà adapté ceci après Civilization II (1996).

 

IV. Tactique et mondes alternatifs

 

C’est bien animé du côté de la tactique. Après l’adaptation du jeu de figurines éponyme Field of Glory II, les jeux de plateau de combat à l’antique ne sont pas en reste afin d’être adaptés pour le PC. C’est le cas de Command & Colors : Ancient, développé par HexWar Games, pour offrir à la Field of Glory des affrontements d’unités antiques à coup de dés et de cartes. Le champ de bataille est divisé en trois, et les cartes permettent d’activer des unités en provenance d’une de ces trois parties, permettant de rajouter une dose d’aléatoire au déroulement. Le reste est plutôt simple, avec le mouvement, les charges, la retraite, et l’aspect technique est relativement limité, avec des graphismes plutôt sommaires. On reprochera peut-être la sous-utilisation des aspects historiques et l’absence de diversité des scénarii.

 

Les développeurs de Mode 7 aiment le tactique. En 2011, ils développent Frozen Synapse. Dans une interface épurée, vous dirigez des hommes avec différentes armes en prévoyant un peu à l’avance la suite des événements : si je le fais se baisser et viser cet endroit, que se passe t-il si un avdersaire est en fait sur ses arrières ? Puis, vous lancez le temps de jeu et voyez la conséquence de vos actions, car tout le monde joue en même temps. Vous découvrez alors où se trouvaient vos adversaires, si vos positionnements étaient cohérents, et si vous êtes capables de gagner la partie en paramétrant finement un grand nombre d’actions : couvert, accroupi, viser, marcher, courir, grenades, etc. Frozen Synapse II reprend cette complexité, et essaye de la transcender en proposant une campagne plus libre, plus ouverte, plus événementielle pour pimenter le tout, sans renier ses bases. Le tout reste dur à prendre en main mais ravira les fans de la première heure.

 

 

La série japonaise Valkyria Chronicles essaime depuis 2008 et son premier opus sur PS3. Dans un monde et une Europe alternatifs, la Seconde Guerre mondiale fait rage. Deux entités politiques s’affrontent à coup de fusiliers ou de lanciers lance-roquettes. La guerre façon animation japonaise nous permet de mener une escouade de beaux gosses et de filles en minijupe au combat, ayant différentes classes et se déplaçant au tour par tour entre des chemins, des plaines, des forêts et des villes pour vaincre l’adversaire. Vous combattez au tour par tour, faites attention au couvert, aux techniques spéciales, aux liens entre les unités, et avez le privilège de pouvoir vous déplacer et viser comme dans un jeu d’action pendant votre tour. C’est propre, efficace et varié. Le quatrième opus, Valkyria Chronicles IV, est donc paru sur PC, Xbox One, PS4 et Switch. Les habitués du premier opus s’y reconnaitront.

 

 

V. La Seconde Guerre mondiale, toujours d’actualité

 

Outre la sortie prochaine de Battlefield V qui redépoussière l’époque où tout le monde adaptait les guerres mondiales en softs d’action, deux jeux y retournent avec plaisir. D’un côté, Panzer Strategy qui lorgne sur la formule de Panzer General et de ses dérivés dont j’ai pu parler plus en détail dans le test d’Order of Battle : WWII. Graphismes remaniés mais modes de jeu inchangés. De manière plus originale, les moddeurs du jeu mêlant jeu de tir et tactique Squad, simulant les conflits du XXIe siècle, ont réussi à sortir leur propre jeu sur ce moteur, centré sur ce conflit : Post Scriptum. Vous retrouvez donc des armes proches des modèles historiques des Français, Allemands ou Britanniques, de vieux chars, des escouades aux différents rôles menées par un chef d’équipe, avec des objectifs définis par l’équipe, qui peut d’ailleurs appuyer ses sbires par l’envoi de bombardiers. La joie de marcher des kilomètres pour se faire éliminer par un tireur embusqué alors que vous alliez prendre une maison d’assaut se fait ainsi dans les règles.

 

 

Conclusion

 

Cela permet de conclure l’épisode du trosième trimestre, sorti avec uniquement un petit mois de retard (dis-je pour me dédoudaner). On se retrouve en fin d’année pour le dernier trimestre de l’année, et peut-être un épisode spécial sur les sorties les plus intéressantes de 2018 dans nos domaines de prédilection. A la revoyure !

 

Editions récentes de l’AViC (2018) :

 

Liste des jeux vidéos du site.

 

Jeux du troisième trimestre 2018 :

  • 4X : Aggressors : Ancien Rome, Warhammer 40K : Gladius Relic of War
  • FPS : Post Scriptum
  • Gestion : Megaquarium, Two Point Hospital
  • Stratégie / Tactique : MechCorp, Phantom Doctrine, Rome II : Total War – Rise of the Republic
  • Tactique : Command & Colors : Ancient, Frozen Synapse II, Panzer Strategy, Valkyria Chronicles IV

Jeux du second trimestre 2018 :

  • Gestion : Cultist Simulator, Dead in Vinland, Frostpunk, Jurassic World : Evolution, MachiaVillain
  • STR : Ancestors : Legacy
  • Stratégie / Tactique : Total War : Thrones of Brittania, Total War : Warhammer II – The Queen and The Crone
  • Tactique : Battletech, Field of Glory II : Age of Belisarius, Masters of Anima, Sanctus Reach : Horror of the Warp
  • Wargame : March to Glory, Order of Battle WWII

Jeux du premier trimestre 2018 :

  • 4X : Civilization 6 : Rise & Fall,  Endless Space II : The Vaulters, Stellaris : Apocalypse
  • Action : Sea of Thieves, Warhammer : Vermintinde II
  • Action / RPG : Kingdom Come : Deliverance
  • Gestion : Railway Empire, Surviving Mars, They Are Billions
  • Grande stratégie : Europa Universalis IV : Rule Britannia,  Hearts of Iron IV : Waking the Tiger
  • STR : Age of Empires : Definitive Edition, Empires Apart, Northgard
  • Stratégie / tactique : Total War : Rome II – Desert Kingdoms, Total War : Warhammer II : Rise of the Tomb Kings
  • Survie : Eco, One Hour One Life, Subnautica
  • Tactique : Abandon Ship, Into the Breach, Wartile
  • Wargame : Field of Glory II : Legions Triumphant, Steel Division : Normandy 44 – Back to Hell, Wars of Succession

 

Administrateur et rédacteur-en-chef omnipotent, j'écris sur l'actualité vidéoludique, l'actualité culturelle, la géopolitique et l'histoire militaire, parfois en partenariat avec Historia Games, Mundus Bellicus et la Gazette du Wargamer.

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