Actu Vidéoludique du Captain – Le show des Suédois (PDXCON 2018)

Ce n’est pas parce que l’Actu Vidéoludique du Captain est devenue trimestrielle que nous allons oublier les grandes conférences vidéoludiques qui émaillent cette année. Pour cette fin de mois de mai, il s’agissait de la Paradox Conference (PDXCON) 2018.

 

I. L’auto-conférence

 

Vous connaissez bien sûr les Suédois de Paradox Interactive pour leurs jeux de grande stratégie, surtout depuis leur hit de 2012 Crusader Kings II et leurs innombrables DLC depuis cette période sur Europa Universalis IV, Hearts of Iron IV et Stellaris. Vous le savez peut-être moins, mais il s’agit aussi de grands noms de l’édition de jeux vidéos : le city-builder Cities : Skylines (2015), le RPG Pillars of Eternity (2015), la stratégie à la française de Steel Division : Normandy 44 (2017), et le mix gestion/survie martien de Surviving Mars (2018) pour les plus récents et les plus connus. Et je ne vous parle même pas de l’époque où ils éditaient le jeu turc Mount & Blade : Warband (2010). Ils ont du flair ces Suédois ! La conférence du propre studio, étalée sur un week-end, a accueilli 800 personnes, attendues par 200 membres du staff de Paradox Interactive. Une vraie initiative locale suédoise. On est évidemment loin des 350 000 visiteurs de la Gamescom 2017 (Allemagne) ou de la Paris Games Week, ou les 68 400 visiteurs de l’E3 2017 (Etats-Unis).

 


Le stand des premières annonces.

 

II. Nouvelles franchises et DLC

 

a) Le retour d’Age of Wonders

 

Ce qu’on retient, outre les adaptations des séries-phares de Paradox Interactive en jeux de société, notamment pour Crusader Kings, et sans mentionner les développeurs de Haeminont Games qui étaient invités pour revenir sur leur jeu Surviving Mars, Paradox a annoncé Age of Wonders : Planetfall, développé par Triumph Studios. Ce studio néerlandais a publié deux séries : Age of Wonders (1999-2014) et Overlord (2007-2009). Dans la seconde, vous dirigez un méchant très méchant qui doit piller à l’aide de petits gremlins aux différentes capacités un monde, de manière ironique et décomplexée. Mais l’histoire du studio remonte surtout au tout premier Age of Wonders. Dans la lignée de la fameuse série Heroes of Might and Magic (1995-2007), entre 1997 et 2014, la série a muté pour proposer un 4X inspiré de Civilization et de HoMM, où on se développe de ville en ville pour produire des unités, menés par des commandants, qui ont, en mode RPG, des niveaux, un inventaire, des sorts et autres compétences. En bataille, le jeu se resserre autour de l’armée, et vous voilà à déployer vos unités sur un champ de bataille divisé en grilles pour attaquer et vaincre l’adversaire au tour par tour.

 


Age of Wonders III, ses citadelles, ses armées.

 

Le nouvel Age of Wonders se décide donc après 20 ans de fantasy de nous envoyer dans le monde de la science-fiction, quittant son univers qui restait malgré tout assez générique, comparativement à un Endless Legend (2014) prenant bien plus de risques à ce niveau-là. Et tout comme la série Endless qui a alterné fantasy et science-fiction en tissant des liens étroits, le nouveau soft se lance dans les exoplanètes. D’après leurs dires, ils ont particulièrement retravaillé la partie tactique du soft. Il y aura des interactions avec le champ de bataille, entre bidons explosifs et moyens de couverture pour les soldats. La thématique fera aussi en sorte de proposer plus d’armes à distance qu’auparavant. Le soft est attendu pour 2019.

 


Le nouveau sera science-fiction ou ne sera pas.

 

b) Des DLC, en veux-tu en voilà

 

Que serait une conférence Paradox sans DLC ? Même si les joueurs sont de plus en plus grognons, on ne peut pas dire qu’il n’y a pas de suivi derrière les quatre séries-phares développés par les Suédois.

 

Crusader Kings II (2012) et son univers médiéval présentent leur quinzième et dernier DLC, Holy Fury. Vous pourrez descendre de lignées légendaires de guerriers et profiter de bonus appréciables, vous faire couronner par le clergé, intimider ou séduire vos vassaux ou voisins, être canonisé si vous êtes un saint pour une lignée prestigieuse, avoir un peu plus d’impact en tant que païen, et profiter de croisades retravaillées. Difficile après cette extension de faire plus complet : vous pouvez jouer les musulmans depuis Sword of Islam (2012), les Païens et les Républiques dans The Old Gods et The Republic (2013), l’Inde avec Rajas of India (2014), les Nomades à travers Horse Lords (2015) et les voisins de la Chine depuis Jade Dragon (2017), sans compter l’adjonction des mécanismes religieux avancés, des conseils étendus et de la possibilité de jouer à partir du règne de Charlemagne. Un beau parcours.

 


Les croisades revues.

 

La Renaissance d’Europa Universalis IV (2013) accueille bientôt son quatorzième DLC, Dharma. Il se concentrera sur la région indienne, avec des domaines, des missions et des cultures diverses. Il retravaillera aussi le système commercial et politique. Les extensions successives ont considérablement complexifié les mécaniques, et rendu le jeu plus complet, plus vivant, mais peut-être aussi moins intuitif.

 


Des arbres de missions indiennes.

 

Hearts of Iron IV (2016) et sa Seconde Guerre mondiale vont avoir leur quatrième DLC, Man the Guns. Après Together for Victory (2016) qui s’intéressait aux anglo-saxons, Death or Dishonor aux nations d’Europe de l’est, et Waking the Tiger entre l’Axe et l’Asie, celle prévue compte revoir le système de guerre navale, notamment en permettant de construire ses propres navires, montés à la main, et de s’intéresser au carburant. Cela devrait permettre de rebattre les cartes.

 


De mystérieuses images sur la guerre navale.

 

Enfin, le jeu qui mêle grande stratégie et 4X, Stellaris (2016) attend son cinquième DLC, Distant Stars, après les mégastructures et les méganavires. Vous aurez plus d’événements et de rencontres fortuites dans la galaxie.

 


Des monstres spatiaux étranges.

 

c) Imperator : Rome

 

Si vous n’avez pas compris l’explosion qu’a fait cette annonce, c’est que vous n’avez pas suivi les teasers multiples et le tout dernier moment de la conférence inaugurale où enfin le mystère a été dévoilé sur le prochain jeu, que certains pensaient être Victoria III, le successeur du jeu de la Révolution industrielle parue en 2010. C’est donc du côté de l’Antiquité que lorgne désormais Paradox Interactive, ce qui est loin de me déplaire, d’autant qu’il va y avoir du sport dans ce niveau-là vu que Slitherine sort bientôt Aggressors : Ancient Rome.

 


Europa Universalis : Rome reste un peu daté.

 

La principale peur des joueurs réside dans le potentiel de Paradox de proposer des jeux qui seront nécessairement suivis de DLC dans les mois d’après la sortie, augurant d’un jeu peut-être en kit ou incomplet. Quoi qu’il en soit, la période antique avait déjà été couverte dans Europa Universalis : Rome (2008). A coup sûr, l’expérience acquise dans la gestion des personnages de Crusader Kings II, et celle de la diplomatie et des échanges commerciaux d’Europa Universalis IV serviront. Les développeurs promettent une carte très détaillée, une gestion fine des personnages qui constituent votre nation, des cultures et des religions diverses à gérer, un peu comme dans EUIV, des unités et des tactiques différentes en fonction des peuples, ce qui est logique, ainsi que des types de gouvernement assez différents, entre république à la romaine, monarchies à la macédonienne, et tribalisme à la celte. Il faudra gérer la popularité, les factions politiques, l’opinion publique. En bref, j’ai personnellement hâte.

 


Le nouveau jeu s’annonce magnifique…et peut-être complet.

 

Conclusion

 

La conférence a été avare en nouveautés, et prolixes en DLC. Il est toujours intéressant d’avoir un studio qui soit capable de se donner les moyens d’organiser leur propre conférence, d’autant que Paradox a un forum très actif où ils sont plus moins à l’écoute des joueurs. Néanmoins, leur focus sur les DLC tend à rendre les joueurs méfiants face aux nouvelles sorties. Reste à voir ce qu’ils proposeront comme carnets de développement jusqu’en 2019, date approximative de la sortie du titre romain. D’ici là, les extensions des jeux existants seront sortis, et d’autres attendront sur le pas de la porte.

 

Liste des annonces :

  • Sans date : Crusader Kings II : Holy Fury, Europa Universalis IV : Dharma, Hearts of Iron IV : Man the Guns, Stellaris : Distant Stars
  • 2019 : Imperator : Rome, Age of Wonders : Planetfall

 

Editions récentes (2018) :

 

Liste des jeux de grande stratégie :

Rédacteur pour Mundus Bellicus et la Gazette du Wargamer, j'écris sur l'actualité, l'actualité culturelle, la géopolitique et l'histoire militaire.

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